Le domaine de l'héritière à l'abbaye Maria Laach

Résumé

Émilie de La Martinières, dernière descendante d’une illustre famille, hérite du magnifique château entouré de vignobles où elle a passé une jeunesse difficile avec une mère froide et distante. Mais elle hérite surtout d’une montagne de dettes et de nombreuses interrogations sur l’histoire de sa famille.
La découverte d’un ancien cahier la conduit sur les traces de Constance, jeune femme mystérieuse dont l’histoire remonte aux années 1940. Pendant l’Occupation, elle avait trouvé refuge au château, accueillie par des aristocrates aux inextricables secrets. Quand Émilie découvre l’histoire de Constance et ce qui est réellement arrivé pendant la guerre, elle porte progressivement un autre regard sur ses ancêtres et ce château d’enfance qui, désormais, lui appartient. Un héritage qui pourrait l’aider à percer certains mystères du passé…
Quand des secrets enfouis bouleversent plusieurs générations.

Le dernier Lucinda Riley de ma bibliothèque

Le domaine de l’héritière était le dernier roman de Lucinda Riley qui attendait dans ma PAL. Je l’ai conservé précieusement depuis sa sortie, tout simplement parce que je n’avais pas envie d’arriver au bout de son œuvre. C’était rassurant de savoir qu’il m’en restait encore un à découvrir. Mais il fallait bien finir par sauter le pas. Ma crédibilité de fan était un peu en jeu, tout de même !

Et puis Lucinda Riley ne sera jamais vraiment loin de moi. Je retourne régulièrement aux Sept Sœurs, surtout depuis que je voyage sur les traces de ses héroïnes. L’annonce d’Orlando, le spin-off écrit par son fils, a sans doute aussi joué un rôle dans ma décision. J’ai donc commencé ce roman un lundi de Pentecôte, sous 31 degrés, ce qui tombait parfaitement puisque l’histoire s’ouvre à Gassin, dans le sud de la France, au printemps 1988.

J’ai beaucoup aimé le point de départ. Nous faisons la connaissance d’Émilie, une femme qui a grandi dans l’ombre, ignorée par une mère incapable de lui témoigner son affection. Héritière d’une famille riche et célèbre, elle appartient à ce qu’on appellerait aujourd’hui une nepo-baby. Choisir de raconter sa souffrance était un pari audacieux, et j’ai trouvé l’idée intéressante. Pourtant, je dois reconnaître que je ne me suis jamais vraiment attachée à elle. Sa naïveté m’a souvent agacée et je n’ai jamais réussi à comprendre son attirance pour Sebastian. Malgré son histoire difficile, je l’ai trouvée trop effacée.

"La vie n'est après tout qu'un long parcours semé d'embûches, qui nous emmène de toute façon vers la mort. Alors, pourquoi ne pas tenter de la rendre la plus agréable possible ?"

Connie, la véritable héroïne du roman

À l’inverse, Connie m’a immédiatement captivée. Dès que le récit bascule dans le passé, le roman prend une ampleur nouvelle. Son histoire, située durant la Seconde Guerre mondiale, est passionnante, rythmée et émotionnellement très forte.

Je préfère prévenir : Lucinda Riley ne ménage pas son lectorat. Une scène de viol est décrite et peut être difficile à lire. Mais au-delà de cette violence, Connie est un personnage formidable, courageux et profondément humain. J’ai été happée par son parcours et par les choix qu’elle doit faire dans une période où chaque décision peut avoir des conséquences dramatiques.

J’ai également eu le plaisir de retrouver Venetia, déjà rencontrée dans La maison de l’orchidée. Ce n’est pas un spin-off, mais ce clin d’œil m’a fait sourire et m’a donné envie de relire ce roman. Au final, ce sont clairement les personnages du passé qui portent le récit à mes yeux. Ils possèdent une intensité émotionnelle que je n’ai pas retrouvée chez Émilie.

Une plongée captivante dans la Résistance

C’est aussi dans cette partie historique que Le domaine de l’héritière devient particulièrement passionnant. Découvrir la Résistance parisienne sous le régime de Vichy, suivre les réseaux clandestins et les agents infiltrés anglais m’a complètement immergée dans le récit. Le danger est omniprésent et Lucinda Riley sait parfaitement maintenir cette tension.

J’ai toutefois une préférence pour Morgane et Juliette, troisième tome des Secrets des Agapanthes de Clarisse Sabard, qui traite également des conséquences de la Seconde Guerre mondiale avec une intensité qui m’a davantage bouleversée. Mais la comparaison est flatteuse, tant ces deux romans partagent une même ambition : raconter l’Histoire à travers des destins profondément humains.

En refermant Le domaine de l’héritière, j’ai ressenti une petite tristesse. Pas seulement parce que le roman était terminé, mais parce qu’il s’agissait du dernier Lucinda Riley inédit que j’avais à découvrir. J’en ai eu le cœur serré, je l’avoue volontiers. Pourtant, l’autrice a réussi à me surprendre une dernière fois. Moi qui pensais avoir tout deviné, j’ai été prise au dépourvu par certains rebondissements, même si j’ai trouvé quelques facilités dans la conclusion.

Ce n’est donc pas mon roman préféré de Lucinda Riley. Difficile de rivaliser avec L’histoire de Pa Salt. Mais cela reste une belle lecture, riche en émotions et portée par une double temporalité qui fonctionne toujours aussi bien.

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