Remise des prix lors de la soirée d'inauguration du 14e Festival Sans Nom à l'hôtel Mercure de Mulhouse. De gauche à droite : Niko Tackian, Meï Lepage avec le prix du jury 2026 , Mathieu Lecerf et Valentine Vendome.
Le prix du jury
Comme tous les ans, je suis allée au Festival Sans Nom à Mulhouse. Je vous disais dans mon article consacré à l’édition 2025 que j’y serais à nouveau, et je n’ai pas menti ! Mais il y a eu une petite particularité cette année : j’ai été sélectionnée pour faire partie du Prix du jury 2026 !
Quelle joie, j’adore ces expériences-là ! J’avais déjà eu la chance de participer au Prix HarperCollins Poche et d’être plusieurs fois jurée pour le Prix des lectrices Charleston. Mais cette fois, la sélection réunissait des auteurs et autrices de maisons d’édition variées, ce qui promettait de belles découvertes.
J’avais postulé au printemps en remplissant un formulaire en ligne et, dès le mois de juillet, j’ai reçu une réponse positive. Quelle joie de me plonger dans du polar pour l’été ! J’allais pouvoir découvrir huit romans très différents et sortir de ma zone de confort.
Mais il faut le dire : ce n’est pas de tout repos ! En dix semaines, j’ai dévoré toute la sélection, composée aussi bien de romans à la lecture assez rapide que de pavés plus conséquents. Il fallait donc garder un certain rythme pour pouvoir rendre son classement dans les délais.
Mi-septembre, j’ai finalement transmis mon classement personnel à Debora, présidente du comité de lecture et désormais également présidente de l’association du Festival Sans Nom. Restait alors à découvrir comment mes préférences allaient se confronter à celles des autres membres du jury !
Huit romans, huit expériences de lecture
C’était vraiment intéressant de découvrir huit romans complètement différents les uns des autres. Cela rendait le classement à la fois plus simple, mais aussi plus compliqué ! Je m’explique.
On est tous plus ou moins sensibles à certains thèmes, ce qui facilite forcément l’adhésion à un roman. Dans L’Assassin de Pigalle, mon favori personnel, Gabriel Katz remonte le temps et nous embarque dans une enquête sur les traces de la Gestapo française après sa dissolution. De son côté, Ingrid Desjours, médaille d’argent chez moi avec Une bonne épouse, propose un thriller de société consacré au milieu des tradwives. Elle allie ainsi un sujet d’actualité à une plume qui joue avec la sémantique avec brio ! Quant à Sécher tes larmes, troisième sur mon podium, Meï Lepage nous embarque à Annemasse et nous fait passer l’envie de visiter la ville, tant elle dépeint cette périphérie genevoise sous un jour sombre.
À l’inverse, La Ferme et D’où personne ne revient proposent des récits de société qui dépassent le cadre d’un cercle restreint pour explorer notamment les conséquences du capitalisme. Des thématiques auxquelles je suis tout simplement moins sensible. Mais cela rend aussi le classement plus difficile, car en tant que jurée, on cherche à rester juste. Objective, d’une certaine manière ? J’ai appris que c’était mission impossible !
Et c’est finalement toute la beauté de la lecture : il y en a pour tous les goûts ! Là où Muriel a adoré Nina, notamment la manière dont Naëlle Charles analyse la relation mère-fille et la loyauté de l’enfant envers sa mère, je n’ai pas réussi à me défaire du regard des autres sur Nina. Finalement, nos avis étaient surtout complémentaires !
Sécher tes larmes, le roman lauréat
L’un des privilèges lorsqu’on est membre du jury, c’est de participer à la soirée d’inauguration du Festival Sans Nom, le vendredi soir, à l’hôtel Mercure. Petits fours, tartes flambées, beaucoup de vin et une Sorbet-Kiwi qui se sentait toute petite face à tous ces grands noms du polar français. Wow, c’est impressionnant en réalité ! Surtout lorsqu’on ne connaît personne.
Avant les festivités, il y a évidemment les discours d’introduction, notamment celui du parrain de cette édition, Niko Tackian. Les remerciements traditionnels aussi. Mais surtout, les remises de prix ! Mathieu Lecerf a ainsi remporté le prix « L’Alsace – Les DNA » pour Sales Gosses, tandis que Valentine Vendome a reçu le prix des bibliothèques de Mulhouse pour Panthères. Et puis il y a eu le Prix du jury. C’est-à-dire nous !
Debora nous a appelés à la barre. Je veux dire, devant tout le monde. Nom d’une pipe, j’ai été prise au dépourvu ! Le retour de Stéphanie qui se fait toute petite, mais se force à sourire. J’avais mal aux joues, tellement j’étais crispée. Mais je ne vous fais pas patienter plus longtemps : c’est Meï Lepage, avec Sécher tes larmes, qui a remporté le Prix du jury 2026 !
Je m’en réjouis sincèrement, puisqu’elle figurait dans mon Top 3 et mérite complètement cette récompense. Son roman regorge de rebondissements et de suspense, au point que je l’ai dévoré ! Une très belle victoire pour ce thriller particulièrement sombre.
Ce que je retiens du Prix du Jury 2026 du Festival Sans Nom
En tout cas, le Prix du jury 2026 m’a vraiment fait sortir de ma zone de confort. Déjà, j’ai découvert de nouvelles maisons d’édition puisque Sécher tes larmes était mon tout premier roman du label Verso. Je crois que La Ferme était également mon premier roman publié chez Récamier. Et j’ai aussi été initiée aux éditions Belladone avec La mort en miroir ! Quant aux éditions City, avec L’Assassin de Pigalle, je n’avais jusqu’à présent lu que des romans initialement publiés chez d’autres éditeurs, mais jamais de polar directement dans leur catalogue.
On peut donc en conclure que je lis du polar… chez des éditeurs très spécifiques, finalement! J’ai ainsi élargi mes horizons avec énormément de plaisir, d’autant que deux de ces découvertes éditoriales figuraient dans mon Top 3.
Et lorsqu’on s’est retrouvés au Festival, on a enfin pu confronter nos points de vue et débriefer nos classements. C’est toujours fascinant de constater à quel point la lecture est subjective ! Les meilleures lectures des unes étaient parfois les pires des autres. Comme quoi, même après huit romans communs, on avait encore beaucoup de choses à se raconter !
Je clôture cet article sur une petite péripétie qui fait finalement mon bonheur. Normalement, les membres du jury reçoivent tous les romans en version papier. Or, je n’en ai reçu aucun ! Alors, pour compenser, je sais déjà que je fais à nouveau partie du jury en 2027 ! Comme le dit si bien Andréa Décaudin, les meilleurs cadeaux sont parfois les plus mal emballés. Ou quelque chose dans ce goût-là ! Autant vous dire que je me réjouis déjà de renouveler l’expérience !
Quant à l’article consacré au Festival Sans Nom lui-même, il arrivera encore ce mois-ci. Il sera ensuite temps de se préparer pour le prochain et probablement événement littéraire de l’année !
Mon classement personnel
Les romans lus dans le cadre du Prix du Festival Sans Nom 2026 en tant que jurée, par ordre de préférence :
- L’Assassin de Pigalle de Gabriel Katz
- Une bonne épouse d’Ingrid Desjours
- Sécher tes larmes : Une enquête d’Emma Fauvel de Meï Lepage
- La fabrique du mal d’Angélina Delcroix
- La mort en miroir de Pétronille Rostagnat
- Nina de Naëlle Charles
- La Ferme de François-Xavier Dillard
- D’où personne ne revient de Clarence Pitz

bonsoir, comment vas tu? une super expérience! passe une belle soirée et à bientôt!