Titre à "effacer"

Résumé

Paris, 1946. L’inspecteur démotivé Max Weber, un ancien combattant, est chargé d’enquêter sur le meurtre d’un petit truand, Antoine Moray, dans un hôtel de Pigalle. Mendel Jankovic, rescapé du camp d’Auschwitz, est arrêté sur place. Son avocate commise d’office affirme que la victime appartenait à la Gestapo française. Max Weber choisit de creuser cette piste et découvre des vérités insoupçonnées.

Un Paris occupé que je pensais pourtant bien connaître

J’ai adoré L’assassin de Pigalle. Pourtant, je partais sur un terrain que je pensais bien connaître. J’ai déjà lu beaucoup de romans sur le Paris occupé, la Résistance ou encore la spoliation des œuvres d’art pendant la Seconde Guerre mondiale. Et malgré ça, Gabriel Katz a réussi à me captiver complètement. Comme quoi, on peut écrire encore et encore sur une même période historique dès lors qu’on trouve un nouvel angle pour le faire.

Ici, j’ai notamment découvert tout un pan du banditisme et de la collaboration que je connaissais finalement assez peu, avec la Carlingue et tout ce qui gravitait autour d’elle. J’ai même régulièrement eu envie de vérifier certaines anecdotes historiques tellement elles me paraissaient improbables !

J’ai surtout aimé que le roman ne traite jamais cette période avec la solennité que je retrouve souvent dans les romans historiques. L’Histoire est grave, parfois atroce, mais les personnages restent profondément humains. Ils plaisantent, utilisent leur jargon, pensent à l’argent, ont peur, sont lâches, courageux ou contradictoires. Ainsi, l’ensemble est incroyablement vivant.

Antoine Moray m’a particulièrement fait réfléchir. C’est un personnage que je n’aimerais absolument pas avoir dans mon entourage, mais que j’ai trouvé passionnant à suivre. D’ailleurs, mon regard sur lui n’a cessé d’évoluer à mesure que ses choix et leurs conséquences devenaient plus concrets.

"Marrant comme ces gens qui n’ont jamais vu le feu peuvent être fascinés par ceux qui en reviennent."

Culpabilité, justice et personnages terriblement humains

L’assassin de Pigalle m’a aussi posé un véritable cas de conscience autour de la culpabilité, de la responsabilité individuelle, de la vengeance et surtout de la justice dans l’immédiat après-guerre. Jusqu’où peut-on excuser quelqu’un qui suit le mouvement ? Être mal à l’aise face à l’horreur suffit-il lorsqu’on continue malgré tout à y participer ? Et comment juge-t-on ensuite une société entière dans laquelle les degrés de compromission ont été si différents ?

J’ai particulièrement aimé tout ce qui touche à l’épuration et à cette hypocrisie collective que le roman vient régulièrement gratter. Pour autant, il ne prétend jamais que toutes les responsabilités se valent. J’ai également énormément aimé Augustine, une avocate forte, digne et profondément humaine. Elle ressent les choses sans jamais perdre la face et j’ai trouvé sa manière d’exercer son métier absolument remarquable. Et puis il y a Max Weber, que j’ai adoré. Il m’a séduite, je n’ai aucune argumentation intellectuelle susceptible de sauver cette partie de mon avis.

Surtout, je me suis faite complètement embarquer par la construction du récit. J’ai passé mon temps à réfléchir, à remettre en question mon jugement sur les personnages et à me demander où Gabriel Katz voulait m’emmener. Finalement, les dernières minutes ont achevé de me convaincre : tout était beaucoup plus intelligemment construit que je ne l’avais imaginé. Impossible d’en dire davantage sans gâcher le plaisir, et ce serait vraiment dommage.

Couverture de L'assassin de Pigalle aux éditions Thélème
Couverture de l'Assassin de Pigalle en version audio

L’assassin de Pigalle en livre audio

En fait, j’ai écouté L’assassin de Pigalle en audio aux éditions Thélème et Yvan Lecomte a énormément participé à mon coup de cœur. J’ai immédiatement adoré sa voix profonde et sa façon de modifier juste suffisamment son interprétation pour donner une identité propre à chaque personnage. De plus, il adapte son phrasé à l’époque. À la fin, il lui suffisait de quelques mots pour que je sache immédiatement quel personnage parlait. Et son interprétation de Max Weber était… bref.

Je pensais simplement découvrir enfin Gabriel Katz, un auteur que je voulais lire depuis des années après l’avoir régulièrement croisé dans les programmations des Imaginales. Je termine finalement avec l’un de mes romans préférés de cette sélection du Festival Sans Nom. Au point de ne pas encore savoir si je le place devant ou derrière Une bonne épouse. Et pour un petit livre audio de 5 h 42 que je pensais écouter tranquillement par tranches de quelques minutes, c’était une sacrée claque.

Le Prix du Festival sans Nom 2026

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