La mort en miroir, ma troisième lecture du prix du Festival Sans Nom
Résumé
Lucie est persuadée d’avoir coché toutes les cases d’une vie réussie. Mère au foyer, femme d’un médecin légiste renommé, propriétaire d’une maison confortable près de Paris, elle enchaîne dîners mondains et vacances à l’étranger. Mais le jour où son mari, Bertrand, perd la mémoire à la suite d’un accident de voiture, tout bascule.
Si la thèse d’une tentative de suicide est privilégiée, Lucie n’en croit rien et décide de mener elle-même l’enquête. Jusqu’au moment où la découverte d’un cadavre vient remettre en question toutes ses certitudes. Car ce cadavre ressemble trait pour trait à Bertrand. Qui est cet homme ? Que s’est-il passé le soir de l’accident ?
Une enquête qui m’a complètement happée
C’est en tant que jurée du Prix du Festival Sans Nom que j’ai découvert La mort en miroir de Pétronille Rostagnat. Enfin, presque ! Je l’avais déjà acheté en numérique pendant l’OP All Stars avant même de savoir que j’allais devoir le lire pour le jury. C’était donc un peu le meilleur des deux mondes : un SP, certes, mais aussi une vraie lecture personnelle que j’avais déjà envie de découvrir. C’est également mon premier roman publié chez Belladone et ma première rencontre avec l’autrice. Et forcément, tomber dès le début sur une citation d’Henrik Ibsen, je l’ai vécu comme un petit signe positif !
J’ai trouvé le roman extrêmement prenant. Plusieurs fois, j’ai eu beaucoup de mal à interrompre ma lecture. Pendant une balade, une révélation m’a littéralement fait m’arrêter en pleine marche avec un « Hein ? Quoi ?! », avant de revenir trente secondes en arrière dans l’audio.
J’ai particulièrement aimé le dispositif narratif autour de Bertrand et Lucie. On ne suit pas principalement les OPJ chargés de l’enquête. On accompagne plutôt Bertrand dans sa tentative de reconstituer son passé et Lucie dans ses propres recherches. Surtout, La mort en miroir joue énormément avec l’identité et la mémoire. J’ai adoré cette réflexion et j’ai passé une bonne partie du roman à construire des théories, les abandonner, puis en élaborer de nouvelles.
"Parfois, ce que l’on voit n’est que le reflet de ce que l’on veut croire."
Un page-turner particulièrement efficace en audio
Malgré mon enthousiasme, j’ai tout de même rencontré un problème assez rapidement : La mort en miroir répète énormément les informations. Bertrand découvre quelque chose, Lucie le découvre à son tour, puis l’information est transmise à un autre personnage avant d’être de nouveau racontée. Je comprends parfaitement pourquoi ces conversations sont nécessaires à l’enquête. Mais moi, lectrice, je possède déjà l’information !
J’aurais donc aimé davantage d’ellipses, surtout dans le dernier quart où les récapitulatifs deviennent particulièrement nombreux. Le fait d’avoir dévoré le roman très rapidement a probablement accentué cette sensation, mais les répétitions ont tout de même fini par peser sur mon rythme de lecture.
J’ai également commencé le roman en numérique et l’écriture m’a un peu refroidie. J’ai remarqué beaucoup de constructions ternaires, d’accumulations et de phrases très courtes. À force, leur structure devenait trop visible pour moi. En revanche, mon passage à la version Audiolib a complètement changé mon ressenti.
J’ai énormément apprécié le travail d’Estelle Dehon. Elle interprète le texte sans tomber dans des voix artificielles ou caricaturales et la postproduction apporte un vrai plus. Les conversations téléphoniques et certains enregistrements bénéficient notamment d’un traitement sonore très immersif. Pour moi, c’est clairement un roman dont le style fonctionne mieux à l’oreille que sur la page. Et quelle efficacité ! Difficile de nier son côté page-turner !
Une fin qui fait malheureusement tout retomber
Jusqu’à son dénouement, La mort en miroir était donc bien parti pour devenir mon deuxième roman préféré parmi mes lectures pour le jury du Festival Sans Nom. Malgré les répétitions et quelques réserves stylistiques. Et puis, il y a eu la fin. Ma frustration a été énorme.
Malheureusement, le mot qui correspond le mieux à mon ressenti reste donc : bâclée.
C’est aussi ce qui rend ma note compliquée. Je ne veux pas renier tout le plaisir pris pendant l’immense majorité du roman. J’ai vibré avec l’enquête, élaboré des théories, été surprise et eu beaucoup de mal à interrompre mon écoute. Pourtant, je ne peux pas non plus oublier les répétitions et surtout la violence de ma déception finale.
Ce n’est absolument pas un mauvais roman. Au contraire, il avait tout pour terminer très haut dans mon classement. Et c’est probablement ce qui explique ma déception : je ne suis pas déçue parce que je n’ai pas aimé La mort en miroir. Je suis déçue précisément parce que je l’ai beaucoup aimé avant qu’il me laisse avec cette immense impression d’inachevé.
Le Prix du Festival sans Nom 2026
Les romans lus dans le cadre du Prix du Festival Sans Nom 2026 en tant que jurée :
- La Ferme de François-Xavier Dillard
- Sécher tes larmes : Une enquête d’Emma Fauvel de Meï Lepage
- La mort en miroir de Pétronille Rostagnat

Ah oui très frustrant ça quand tout va bien et que la fin n’est pas à la hauteur !
Personnellement, je n’ai lu qu’un roman de l’auteure, que j’avais vraiment bien aimé, et elle a un certain succès dans le challenge que j’organise, son nom revient régulièrement donc je pense lire d’autres de ces thrillers 😉 et ma foi, celui-ci aussi car les thèmes de l’identité et de la mémoire sont des thèmes que j’aime bien dans les romans.
Bravo pour avoir réussi à être dans le jury, j’ai déjà essayé plusieurs fois pour différents prix et je n’ai jamais réussi
bonjour, comment vas tu? merci pour la découverte. passe une belle soirée! 🌺☀️