La Princesse Kaguya dans l'abbatiale de Wissembourg

Résumé

Époque Heian. Venue de la Lune, née dans un bambou, Kaguya a été envoyée sur Terre pour expier ses crimes. Parmi les ombres. Parmi les hommes.Sous les cerisiers en fleurs, et derrière des paravents de soie, elle croise des regards, des promesses. Pourtant, son coeur demeure enchaîné à un passé que nul ne connaît. Elle rêve d’échapper à sa prison d’apparences, mais les chemins tracés pour elle ne laissent aucune échappatoire.

Quels secrets pèsent sur ses épaules ? Dans un monde où les destins se croisent et se brisent, pourra-t-elle choisir son propre chemin ? Quel est le prix de la liberté ? Dans cette réécriture du « Conte de la princesse Kaguya », tendez l’oreille au murmure de la Lune… peut-être y entendrez-vous les sanglots d’une jeune femme mélancolique en quête du goût de la liberté.

La Princesse Kaguya, une immersion fascinante dans le Japon de Heian

J’ai acheté La Princesse Kaguya : Le châtiment de la Lune aux Imaginales, directement auprès de Punchlines Éditions. Essentiellement parce que je trouvais l’objet magnifique et que la directrice de la maison d’édition était adorable ! Je ne connaissais absolument pas l’histoire de la princesse Kaguya, si ce n’est de nom grâce au studio Ghibli. Autant dire que je me suis lancée dans cette lecture sans vraiment savoir ce qui m’attendait !

J’ai d’ailleurs été surprise de découvrir que ce conte romantique possédait également une dimension de science-fiction et fantastique. Le point de départ m’a beaucoup plu, notamment parce qu’il soulève des questions intéressantes sur la liberté, les sentiments et les conventions sociales. Mais ce qui démarque véritablement ce roman à mes yeux, c’est son immersion dans le Japon de l’époque de Heian. J’ai adoré découvrir les coutumes de l’aristocratie, les exigences imposées aux femmes, les traditions esthétiques ou encore la place de la musique.

J’ai notamment appris l’existence de l’ohaguro, cette pratique qui consistait à se noircir les dents ! Ces détails historiques apportent énormément de charme au récit et m’ont donné envie d’en apprendre davantage sur cette période. C’est d’ailleurs cet aspect culturel qui m’a poussée à revoir ma note à la hausse. Je prenais beaucoup de plaisir à découvrir les particularités de cette société et les traditions qui rythmaient la vie des personnages.

Une héroïne trop idéalisée et une romance peu convaincante

En revanche, j’ai eu davantage de difficultés avec Kaguya elle-même. Sa beauté exceptionnelle occupe une place tellement importante dans le récit que j’ai fini par lever les yeux au ciel chaque fois qu’elle était évoquée. Je comprends parfaitement que l’auteur puisse vouloir dénoncer l’objectification des femmes et les conséquences du regard masculin. Mais j’ai trouvé cette insistance un peu réductrice. Les violences et les contraintes imposées aux femmes ne concernent évidemment pas uniquement celles qui correspondent aux idéaux de beauté ! J’aurais aimé que Kaguya soit davantage définie par sa personnalité, ses choix et son évolution que par son apparence.

J’ai également regretté le manque de profondeur de certains personnages secondaires. Plusieurs semblent surtout exister pour accompagner, admirer ou protéger l’héroïne, sans que leurs propres expériences soient véritablement explorées. Or, j’aime les histoires dans lesquelles les personnages secondaires me donnent envie de les retrouver indépendamment du protagoniste, comme dans L’Âtre enchanté, par exemple. Malheureusement, j’ai eu du mal à développer un véritable attachement envers les personnages, y compris Kaguya. Et la romance ne m’a pas beaucoup convaincue non plus !

Certains sentiments naîssent trop rapidement, tandis que les relations amoureuses manquent de développement. Je n’ai donc jamais véritablement soutenu le couple central, ce qui est forcément dommage dans un conte romantique ! J’aurais aimé davantage de complicité, d’échanges et de moments permettant de comprendre pourquoi les personnages tombaient amoureux les uns des autres.

Trois livres achetés aux Imaginales 2026 tenus à la main devant une bibliothèque remplie de romans, avec le texte « Les Imaginales 2026 » superposé sur l’image. Jaspage de La Princesse Kaguya publié chez Punchlines éditions.
Jaspage des éditions Punchlines, dont celui de La princesse Kaguya.

Un conte dépaysant qui se lit avec une grande facilité

Cela dit, je tiens à replacer ces réserves dans leur contexte : il s’agit d’un conte, et je l’ai lu comme tel. La narration possède un côté oral, presque comme si quelqu’un nous racontait une légende. L’écriture m’a parfois semblé un peu âpre et certains événements s’enchaînent rapidement, notamment au début. Mais cette manière de raconter correspond aussi aux conventions du genre. Je ne m’attendais pas à un roman psychologique extrêmement détaillé et j’ai accepté cette dimension merveilleuse, parfois un peu kitsch, qui participe à son identité.

D’ailleurs, j’ai particulièrement apprécié les passages consacrés aux origines mystérieuses de Kaguya et à ses pouvoirs. La dimension magique m’a beaucoup plus intéressée que ses aventures sentimentales. J’avais envie de comprendre comment ses capacités allaient se manifester, comment elle pourrait les apprivoiser et quelle place elles prendraient dans son destin. La dernière partie, plus dynamique, prend même des accents d’heroic fantasy qui m’ont plutôt plu !

Enfin, il faut reconnaître que La Princesse Kaguya se lit extrêmement facilement. Je l’ai terminé en une journée, sans ressentir de longueurs. Même si je doute que cette lecture me laisse un souvenir impérissable, j’ai passé un moment agréable.

Au final, c’est un conte dépaysant, qui propose un univers séduisant et une belle immersion dans la culture japonaise. Malheureusement, j’ai trouvé l’héroïne trop idéalisée, les personnages secondaires trop peu développés et la romance ne m’a pas particulièrement émue. Mais j’ai apprécié la découverte historique, la fluidité du récit et sa dimension fantastique. Bref, c’était une lecture sympathique, qui m’a surtout donné envie d’en apprendre davantage sur le Japon de l’époque de Heian !

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