Traumatika, aussi flippant que ça en a l'air

Résumé

Les terreurs nocturnes d’un jeune garçon deviennent réalité lorsque sa mère commence à montrer des signes de possession démoniaque.

Traumatika : du paranormal classique, mais terriblement efficace

Grâce à mon abonnement Shadowz, je continue d’explorer le cinéma de genre, et notamment les films indépendants comme Traumatika. Et je suis assez surprise des critiques négatives qu’il a dû encaisser parce que, personnellement, après deux minutes, je regardais déjà à travers mes doigts tant j’avais peur. Et on parle d’un dimanche après-midi en plein jour !

Pourtant, le film utilise énormément de codes très classiques du cinéma paranormal : possession, démon, enfants vulnérables, apparitions, maison inquiétante… Il ne cherche absolument pas la subtilité. On sait immédiatement dans quoi on s’embarque.

Et malgré ça, le scénario m’a surprise. Traumatika ne reproduit pas bêtement le parcours habituel des films de possession malgré ses codes bien assumés. Le film établit très tôt l’entité et son identité. Pas besoin de passer une heure à découvrir progressivement son nom pour pouvoir enfin la combattre ! Ce choix permet au récit d’entrer plus en profondeur dans la symbolique qu’il cherche à explorer.

Le traumatisme infantile au cœur de Traumatika

C’est ce que j’ai trouvé le plus intéressant : le traumatisme infantile. La phrase introductive évoque différentes formes de traumatismes vécus pendant l’enfance. Ainsi, j’ai vraiment interprété le paranormal comme une matérialisation de ces blessures et de ce qu’elles peuvent devenir lorsque les enfants grandissent.

Du coup, le thème n’est pas un simple monstre. C’est la façon dont la violence peut se transmettre, contaminer les relations et provoquer à son tour de nouvelles violences. De fait, je trouve que la violence n’existe pas uniquement pour choquer : elle possède également une dimension symbolique.

Mais attention, elle reste hyper graphique. C’est vraiment là que je mets un énorme trigger warning, qui n’était pas assez visible pour moi. Voir une gosse se tordre le cou à quatre pattes, ok. Voir une scène d’inceste… Je ne m’attendais absolument pas à ça, même avec ce genre de film.

Les avertissements de contenu sont donc considérables et le résumé ne m’avait absolument pas préparée à ce niveau-là. Sans révéler l’intrigue, vérifiez les TW avant de regarder le film : violences sexuelles, inceste, violences impliquant des mineurs, grossesse consécutive à une agression sexuelle, avortement, suicide, gore, kidnapping, meurtres d’enfants et violence graphique.

Un film qui m’a captivée malgré une fin trop abrupte

Après le choc initial lié aux thèmes, le film m’a captivée. Et effrayée, aussi. Je voulais vraiment comprendre ce que Traumatika cherchait à me dire à travers ses personnages, leurs traumatismes et tout le surnaturel dans lequel ils baignent. Mais ma deuxième vraie réserve concerne la fin, trop abrupte à mon goût. Après tout ce que le film développe et l’intensité avec laquelle il le fait, je m’attendais à autre chose. Mais on a encore un film qui se déroule autour d’Halloween, et ça, j’aime bien !

On a donc un film paranormal vraiment efficace et très graphique. Il reste étonnamment cohérent malgré tout ce qu’il empile, propose un monstre réussi et, surtout, une lecture du trauma qui lui donne davantage de profondeur que ce à quoi je m’attendais. Traumatika perd néanmoins quelques points à cause d’une fin trop abrupte et, surtout, de contenus extrêmement lourds auxquels le résumé ne m’avait absolument pas préparée. J’en retiens donc un film qui m’a réellement fait peur et dont le propos m’a intéressée, mais que je ne conseillerais certainement pas sans prévenir très clairement de son contenu.

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