Moi, Christiane F., La vie malgré tout, un roman lu il y a bien longtemps
Résumé
34 ans après «Moi, Christiane F., 13 ans, droguée, prostituée», l’autrice revient sur les années qui ont suivi la publication du livre et les étapes de son existence jusqu’à aujourd’hui : son séjour forcé à la campagne, son quotidien de jeune adulte en colocation à Hambourg où elle fréquente les milieux artistiques et devient de nouveau dépendante à l’héroïne puis la naissance de son fils.
Une autobiographie qui m'a surprise
Après avoir lu le premier roman, en 2014, j’ai enchainé avec cette suite. Et ce livre m’a énormément étonnée. Au plus tard lorsque Christiane raconte son entretien privé avec David Bowie ou sa soirée avec AC/DC, je suis tombée des nues. Elle a véritablement vécu une vie de rock star. Pourtant, ce n’est pas ce qui m’a le plus marquée. C’est surtout le ton qu’elle emploie. Elle raconte tout cela avec une étonnante nonchalance, presque comme si ces événements faisaient partie de son quotidien.
En parallèle, tout au long de cette autobiographie, elle pousse un véritable coup de gueule. Ce n’est pas parce qu’elle a raconté son histoire au monde entier, dans un livre traduit dans de nombreux pays et adapté au cinéma, qu’elle doit rester éternellement la « petite camée du Bahnhof Zoo ». Pourtant, c’est exactement ainsi que les journalistes continuent de la voir. Comme si elle n’avait jamais eu le droit de grandir.
"Il n'a rien eu besoin de dire quand je l'ai rencontré pour la première fois. Je l'ai regardé dans les yeux et j'ai su : c'était un drogué. C'est comme ça, les drogués s'attirent mutuellement. Peut-être parce que nous vivons dans un monde que personne d'autre ne comprend, ou parce que nous ne comprenons pas le monde des autres. Ou les deux."
Vivre avec le poids d'un témoignage devenu culte
Il est vrai que Christiane a consommé de la drogue pendant une grande partie de sa vie. Rien ne l’excuse en soi. En revanche, ce qu’elle répète à plusieurs reprises, c’est que son seul tort est finalement d’être Christiane F. Elle ne fait de mal à personne. Elle ne vend pas de drogue, n’incite personne à en consommer et ne cherche qu’une seule chose : qu’on lui laisse enfin la paix.
Avec Moi, Christiane F., la vie malgré tout, elle raconte une bonne fois pour toutes ce qu’il s’est passé après son premier livre, dans l’espoir que l’on cesse de venir frapper à sa porte. Je me suis pourtant demandé si cette autobiographie n’avait pas, au contraire, ravivé l’intérêt que le public lui porte. J’espère sincèrement que ce ne fut pas le cas.
Si vous cherchez des réponses sur les personnages du premier témoignage, vous n’en trouverez finalement que très peu. Elle explique par exemple qu’elle ne sait pas ce qu’est devenu Detlev, ce qui me paraît finalement assez logique. Ce n’était qu’un amour d’adolescence. Elle ne parle quasiment que de sa famille. Elle n’a plus de contact avec sa mère, qui la considère comme la pire erreur de sa vie. Elle voit parfois sa sœur, mais garde une certaine distance. Quant à son père, installé en Thaïlande, il refuse tout contact avec elle. Une réaction qu’elle comprend après le portrait très dur qu’elle avait dressé de lui dans son premier récit.
Une lecture difficile à chroniquer
En réalité, je trouve qu’il est très difficile de chroniquer une autobiographie. J’ai toujours l’impression de juger la personne davantage que le livre. Christiane Felscherinow a pourtant eu une vie hors du commun et elle a des choses à raconter. Je vous conseille cette lecture si vous souhaitez découvrir ce qu’elle est devenue, mais aussi comprendre à quel point son premier témoignage a marqué toute son existence. Je ne pensais pas que ce livre aurait laissé une empreinte aussi profonde sur sa vie.
Son écriture, en revanche, reste fidèle à elle-même. Ne vous attendez pas à un style particulièrement travaillé. Vous tomberez régulièrement sur des « merde » ou des « bordel ». Mais finalement, cela correspond parfaitement au ton de cette autobiographie : un immense coup de gueule, brut, sincère et, à mes yeux, tout à fait compréhensible.
Les 2 livres de Christiane Felscherinow
Mes avis sur les 2 récits de l’autrice :
- Moi, Christiane F. 13 ans, droguée, prostituée
- Moi, Christiane F., La vie malgré tout
