Le lilas ne refleurit qu'après un hiver rigoureux

Résumé

À New York, Caroline Ferriday travaille au consulat français. Mais lorsque les armées hitlériennes envahissent la Pologne en septembre 1939, c’est tout son quotidien qui va être bouleversé. De l’autre côté de l’océan, Kasia Kuzmerick, une adolescente polonaise, laisse de côté son enfance pour travailler dans la résistance et faire passer des messages. Mais la moindre erreur peut être fatale. Pour l’ambitieuse Herta Oberheuser, médecin allemand, la proposition que lui fait le gouvernement SS va lui permettre d’enfin montrer toutes ses capacités. Mais une fois embauchée, elle va se retrouver sous la domination des hommes… La vie de ses trois femmes va se retrouver liée à jamais lorsque Kasia est envoyée à Ravensbrück, le tristement célèbre camp de concentration pour femmes. À travers les continents, de New York à Paris, de l’Allemagne à la Pologne, Caroline et Kasia vont tout tenter pour que l’Histoire n’oublie jamais les atrocités commises.

Ma note

5/5

Un roman de plus de 500 pages

C’est reparti pour un Throwback Thursday de Carole, et aujourd’hui le thème est roman de 500 pages ou plus ! C’est tout naturellement que j’ai choisis Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux, tant il est percutant. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en le commençant. Après tout, de nombreux romans ont été écrit sur le sujet de la Seconde Guerre Mondiale. Et on a un peu l’impression de tout connaître des atrocités des camps. C’est absolument horrifiant, lorsqu’on se rend compte que ce n’est pas vrai. Le réalisme de l’histoire est vraiment ce que j’ai noté dans mes premières impressions de roman de 600 pages.

A vrai dire, j’avais l’impression que l’histoire de Herta aurait pu être celle de mon arrière-grand-mère, née en 1922 et donc forcément enrôlée dans les BDM, le Bund Deutscher Mädel, comme la jeune femme du roman. Avait-elle subit un lavage de cerveau du même type ? Pensait-elle que les juifs étaient la gangrène de l’Allemagne ? Je ne le pense pas. Ce que révèle ce roman, surtout avec le point de vue de Herta, c’est que chacun suit un chemin, avec certains croisements. Mon arrière-grand-mère aura passé un moment de sa vie à Natzweiler, le seul camp de concentration français, en Alsace, mentionné dans l’histoire, mais pas du même côté que Herta… Nous faisons tous des choix.

« Hitler était un fou et un menteur, nous l’avions compris, mais chaque nouveau revers cinglait comme une nouvelle gifle. »

Quelle découverte !

J’ai justement trouvé très intéressant que la parole soit donnée à une médecin allemande. Une jeune femme vraiment imprégnée de la propagande hitlérienne. Et le fait qu’elle ait vraiment existé donne d’autant plus de poids au récit, même s’il s’inspire assez librement de sa vie. Finalement, lorsque j’ai repris le roman en main après une courte pause d’une nuit, je ne l’ai plus lâché avant de l’avoir terminé. Après plus de 400p. donc. J’y ai découvert la résistance polonaise, dont on ne parle jamais. J’y ai découvert le manque d’implication des américains avant Pearl Harbor, et leur connaissance des atrocités commissent en Europe bien avant leur invasion. Et enfin, j’y ai découvert le destin des Lapins de Ravensbrück.

Et rien que pour vous instruire de cette atrocité, pour qu’on se souvienne de ces femmes fortes et courageuses, lisez-le. Il en vaut la peine. Et pour cela, un grand merci à Martha Hall Kelly de nous conter l’histoire de Caroline Ferriday, un autre personnage réel. Ce que cette femme a fait pour les victimes européennes, en tant qu’américaine d’autant plus, est absolument incroyable. Quelle personnage !

Addictif et percutant

Il ne me reste plus qu’à parler de Kasia. J’ai eu un peu plus de mal avec elle, et pourtant… Et pourtant, sa rage, ses douleurs physiques tout comme ses peines méritent amplement leur place dans cette chronique. Simplement, il n’est pas toujours évident de lire tant d’émotions. Kasia, tout comme sa sœur d’ailleurs, sont elles aussi inspirées de vraies personnes, ce qui me prenait encore plus à la gorge. En réalité, c’est une histoire épouvantable, mais c’est aussi si nécessaire de la raconter ! La colère de Kasia se ressent si fortement qu’elle tient autant sa famille fictive à distance, que le lecteur. Et c’est ce qui prouve le talent réel de l’autrice à embarquer son lectorat dans son histoire.

Une fois cette lecture débutée, vous ne pourrez certainement plus la lâcher. On nous embarque dans trois vies complètement différentes, et qui seront pourtant amenées à se rencontrer. Le fait que l’histoire s’inspire de personnes réelles ne la rend que plus forte, plus percutante. Conclusion : il en devient urgent d’en connaître la fin. Vraiment, je recommande Le lilas ne refleurit qu’après un hiver rigoureux !

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