Le dernier lapon

Résumé

Depuis quarante jours, la Laponie est plongée dans la nuit.

Et dans cette obscurité étrange, les éleveurs de rennes ont perdu un des leurs : Mattis a été tué et ses oreilles, découpées… comme on le fait aux bêtes pour les marquer. Non loin de là, un tambour de chaman a été dérobé. Seul Mattis connaissait son histoire. Les habitants se déchirent : malédiction ancestrale ou meurtrier dans la communauté ? Et quand l’extrême-droite s’en mêle, tout se complique…

Ma note

4.5/5

Un polar assez sordide

C’est en allant choisir de nouvelles BD pour la médiathèque à la bibliothèque d’Alsace que je suis tombée sur Le dernier Lapon. Je ne connaissais pas du tout, et ce n’est qu’après que j’ai découvert que c’est adapté d’un roman. Oui, je sais, c’est écrit dessus, mais je ne l’avais pas intégré. Cette BD est donc inspirée d’un polar, et reprend complètement cette veine. J’ai été très intriguée par ce récit, et complètement prise dans son prisme. Il faut dire que l’auteur n’y va pas de main morte. On débute sur un cambriolage, pour ensuite évoluer vers un meurtre, puis on part sur du sordide. Sans la trouver féministe, on y dénonce le traitement des femmes, indigènes, mais aussi des policières. Un récit sur fond patriarcal, avec un boys club bien crado, en somme. 

"Ça suffit les questions. C’est vous qui l’avez tué ! C’est vous et votre société qui n’ont fait que le rabaisser, encore et encore … "

Un voyage hivernal

A travers le dessin en bleu et blanc, on est vraiment plongé dans l’atmosphère. Idéal pour l’hiver, avec le quota de neige, de reines et de motoneiges. J’ai particulièrement apprécié être plongée dans la culture et les rites Samis. Ainsi, j’en ai appris énormément, rien que sur l’appellation du peuple autochtone du nord de la Norvège. Je ne savais d’ailleurs pas que la Laponie s’étendait bien au-delà, notamment jusqu’en Russie. Pour moi, c’était une région de Finlande, mais on dépasse la région officielle lorsqu’on observe la terre natale du peuple Sami. C’est là que se transmettait l’héritage oral de ses habitants.  

Rencontre avec le peuple Sami

Mais surtout, je découvre une discrimination innommable. Pourquoi en suis-je encore étonnée ? Le colonialisme s’est étendue jusqu’aux terres reculée de Scandinavie, avec même une partie soviétique… évidemment. Un ellipse notamment nous projette en 1693, et c’est avec horreur que j’ai découvert le nettoyage ethnique mené par les catholiques. Jusqu’à nos jours, le peuple est marginalisé. Pour ceux qui ont survécus. Nous en rencontrons, néanmoins, et découvrons grâce à eux le traditionnel élevage de rennes, au point qu’il y a une police des rennes ! La transmission orale de la protection de l’environnement s’y trouve confrontée au capitalisme de nos jours. Le décalage est parfaitement démontré. Je n’ai pas eu de coup de coeur pour Le dernier lapon pour autant, mais j’ai été fascinée par ma lecture que je recommande ! Et évidemment que j’ai envie de découvrir le roman original maintenant, qui est le premier tome d’une saga.

2 commentaires

  1. Je note la BD sans hésiter. Je connais peu le peuple Sami mais c’est un peuple dont j’aimerais découvrir un peu mieux l’histoire et les coutumes. Quant au récit, il a l’air assez dur et révoltant, comme peut l’être l’Histoire.

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