La fille du bus 88 à Amsterdam au lieu de Londres

Résumé

Acteur de théâtre à la retraite, Franck passe ses journées à parcourir la ligne de bus 88. Dans l’espoir de revoir l’inconnue dont il est tombé fou amoureux il y a soixante ans. La fascinante jeune femme plongée dans son carnet de croquis n’a jamais quitté son esprit. Et leur rendez-vous manqué à la National Gallery reste la grande déception de sa vie. Alors, quand il aperçoit une silhouette qui lui ressemble étrangement, il n’hésite pas une seconde…
C’est ainsi qu’il fait la connaissance de Libby, tout juste arrivée à Londres pour commencer une nouvelle vie…
Bouleversée par son histoire, celle-ci décide de tout faire pour l’aider à retrouver sa bien-aimée.

Une lecture doudou parfaite pour le printemps

Après une lecture aussi dure et percutante qu’Entre deux mondes d’Olivier Norek, j’avais besoin d’un roman plus lumineux. Quand j’ai sorti La fille du bus 88 d’Freya Sampson de ma PAL sur la route vers Amsterdam, le timing était absolument parfait. Soleil de printemps, trajet vers les Pays-Bas et ambiance estivale : toutes les conditions étaient réunies pour savourer cette lecture profondément réconfortante.

J’avais déjà adoré La bibliothèque des petits miracles, alors je savais plus ou moins à quoi m’attendre. Et pourtant, l’autrice a encore réussi à me surprendre. Dès les premières pages, j’ai retrouvé ce mélange de douceur, d’humour et d’humanité qui caractérise ses romans. Ce genre d’histoire qui donne immédiatement envie de ralentir un peu et de passer quelques heures aux côtés des personnages.

L’atmosphère du roman fonctionne particulièrement bien grâce à cette galerie de personnages très différents les uns des autres, mais réunis par une vraie bienveillance. Dans La fille du bus 88, les rencontres humaines prennent toute la place, et c’est exactement ce qui m’a embarquée dès le début.

"À l'époque, tout était de la plus haute importance. Il n'y avait pas de petites émotions, de petits plaisirs, de petits agacements. Tout était un triomphe ou la fin du monde."

Des personnages profondément humains et attachants

Ce que j’ai préféré dans La fille du bus 88, c’est sans hésiter l’évolution de Libby. Toute sa vie, elle a vécu dans un cadre extrêmement contrôlé par sa mère, persuadée que cette existence tranquille et prévisible lui convenait parfaitement. Jusqu’au moment où tout bascule brutalement.
 
À travers les passagers du bus 88, Libby découvre des personnalités et des façons de vivre qu’elle n’aurait probablement jamais rencontrées autrement. Peu à peu, elle comprend qu’il existe d’autres chemins possibles que celui qu’on lui a imposé. J’ai énormément aimé cette façon qu’a Freya Sampson de faire évoluer ses personnages avec réalisme, sans tomber dans des résolutions trop simples ou artificielles.
 
Le roman aborde aussi des thèmes plus difficiles avec beaucoup de délicatesse, notamment la dégénérescence et le rôle des proches aidants. Derrière son apparente douceur, La fille du bus 88 parle aussi de fatigue émotionnelle, de solitude et de reconstruction. Et c’est justement cet équilibre entre tendresse et réalisme qui rend le récit aussi touchant. Impossible également de ne pas mentionner l’humour de l’autrice, toujours présent même dans les moments plus compliqués. Ce ton chaleureux donne au roman une atmosphère très réconfortante sans jamais minimiser les difficultés vécues par les personnages.

Une histoire pleine d’émotions au cœur de Londres

Pendant ma lecture, j’ai traversé toute une palette d’émotions. Colère, frustration, tendresse, surprise… et évidemment quelques larmes aussi. Lorsque j’ai envie de défendre un personnage comme si c’était une amie proche, je sais qu’un roman a réussi quelque chose. Et clairement, Libby a trouvé une place dans mon cœur.
 
J’ai particulièrement aimé la manière dont Freya Sampson construit les relations entre les personnages du bus 88. On espère constamment que chacun trouvera enfin un peu de bonheur, tout en comprenant que la vie ne se règle jamais aussi facilement. Certains passages m’ont vraiment surprise, au point de lever les yeux de mon livre, les cils légèrement humides.
 
Le décor londonien apporte également énormément de charme au récit. Cette balade à travers Londres m’a rappelé mon propre voyage sur les traces des Sept Sœurs de Lucinda Riley. Et puis, lire ce roman entre deux trajets jusqu’à Amsterdam lui a donné une saveur encore plus particulière. Une chose est sûre : j’espère sincèrement voir les autres romans de Freya Sampson traduits en français. Parce qu’après La bibliothèque des petits miracles et La fille du bus 88, je n’ai clairement pas envie de m’arrêter là.

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