Get out
Résumé
Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle famille, Missy et Dean lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable.
Get out : quelque chose ne tourne vraiment pas rond
J’avais déjà vu Us de Jordan Peele et je l’avais bien aimé, mais Get out a été une énorme surprise. Dès l’arrivée de Chris chez les parents de Rose, je n’avais absolument aucune confiance en cette famille. Pour être honnête, moi, dès la biche renversée sur la route, je faisais demi-tour : mauvais signe, on rentre à la maison !
Le film réussit incroyablement bien son ambiance parce qu’il n’a presque pas besoin de faire peur au sens traditionnel du terme. Tout est simplement légèrement anormal. Les employés sont particulièrement perturbants, avec leurs expressions et leurs réactions toujours un peu décalées. Puis certains événements font progressivement passer un cap au malaise et, à plusieurs reprises, je me suis demandé pourquoi Chris ne prenait pas simplement ses jambes à son cou.
Évidemment, nous avons passé notre temps à élaborer des théories. Qui sait quoi ? Qui participe à quoi ? Est-ce seulement une famille extrêmement étrange ou se passe-t-il réellement quelque chose ? Nous cherchions des explications à chaque comportement suspect et, surtout, des innocents potentiels au milieu de tout ça. Autant dire que Jordan Peele s’est beaucoup amusé avec nous !
Un scénario beaucoup plus intelligent qu’une simple histoire d’horreur
Ce que j’ai préféré dans Get out, c’est probablement la manière dont le scénario sème ses indices. Chaque fois que je pensais commencer à comprendre ce qui se passait, une nouvelle pièce venait agrandir le puzzle. Et lorsqu’on obtient certaines réponses, énormément de détails aperçus auparavant prennent soudain une autre dimension.
Le film devient surtout passionnant lorsqu’on commence à réfléchir à ce qu’il raconte derrière son intrigue horrifique. Le racisme montré ici n’est pas nécessairement celui de personnes qui expriment ouvertement leur haine. Il peut prendre la forme de compliments, d’une fascination supposément positive et d’une accumulation de remarques qui réduisent malgré tout Chris à son corps et à sa couleur de peau. Et c’est justement ce qui rend le concept horrifique si intelligent. Jordan Peele pousse jusqu’à l’extrême cette fétichisation et cette volonté de s’approprier symboliquement les qualités que ces personnages blancs attribuent aux personnes noires.
Le rythme est également excellent. Je ne me suis pas ennuyée une seconde. La menace change progressivement de forme et le malaise ne cesse de monter sans que le film ait besoin d’enchaîner les jumpscares.

Un immense 20/20 pour lancer la saison horrifique
Et évidemment, il faut parler de Rod, sans rien révéler. Nous étions littéralement Rod pendant tout le film ! Dès que Chris lui racontait quelque chose, notre réaction était globalement la même : « RUN DUDE, RUN ! » J’ai adoré ce personnage, qui apporte énormément d’humour sans jamais casser la tension. La dernière partie nous a complètement embarqués. J’étais déjà en train de réfléchir aux conséquences réalistes de tout ce qui se passait à l’écran.
Bref, c’est un coup de coeur. J’ai adoré le scénario, le rythme, la montée du malaise et toutes les théories que le film nous a fait construire puis détruire. Je comprends complètement son Oscar du meilleur scénario original. Et surtout, on s’est éclatés tous les deux devant le film. Pour lancer Summerween et Halloween derrière, la barre est désormais beaucoup trop haute !
