Surface devant la surface de la baie de Douarnenez
Résumé
Noémie Chastain, capitaine en PJ parisienne, blessée en service d’un coup de feu en pleine tête, se voit parachutée dans le commissariat d’un village perdu, Avalone, afin d’en envisager l’éventuelle fermeture.
Noémie n’est pas dupe : sa hiérarchie l’éloigne, son visage meurtri dérange, il rappelle trop les risques du métier… Comment se reconstruire dans de telles conditions ?
Mais voilà que soudain, le squelette d’un enfant disparu vingt-cinq ans plus tôt, enfermé dans un fût, remonte à la surface du lac d’Avalone, au fond duquel dort une ville engloutie que tout le monde semble avoir voulu oublier…
Une héroïne aussi marquante qu’attachante
Depuis quelque temps, je me suis plongée dans la bibliographie d’Olivier Norek. Cela a commencé en janvier 2024 avec Code 93 et, depuis, j’en sors régulièrement un de ma PAL pour le dévorer. La magie a encore opéré, cette fois-ci avec Surface. Pourtant, il n’a rejoint ma pile à lire que récemment puisque Juliette Loves Books me l’a offert il y a tout juste deux mois. Mais il collait parfaitement à la saison estivale, j’avais besoin de sortir d’une panne de lecture et je sais que cet auteur opère sur moi un effet presque magique. J’ai eu raison : on part encore sur un coup de cœur.
Déjà, d’emblée, le petit clin d’œil à Ronan, de l’équipe de Victor Coste, m’a plu. Mais surtout, Noémie Chastain est une femme incroyable. Malgré la noirceur qui habite son âme au départ, je me suis attachée à elle en un tour de main. Elle est juste, tout en étant drôle à travers son cynisme, alors qu’elle traverse sans aucun doute la pire passe de sa vie. J’ai adoré le fait que ses émotions soient si conflictuelles. Elle veut vraiment bien faire alors que tout est injuste. En réalité, elle veut rentrer chez elle, mais elle ne peut tout simplement pas bâcler les choses. Ce n’est pas dans sa nature et ce sont ces collègues-là que l’on veut avoir dans la vie. Si j’en veux des comme ça au bureau, je n’imagine même pas l’importance de ce type de caractère dans la police ! Elle est accompagnée de Melchior, son thérapeute, qui est rapidement devenu mon personnage secondaire favori de Surface. J’ai aussi vraiment appris à aimer sa nouvelle équipe.
"L'enfer reste toujours le regard que les autres portent sur nous. Comme un jugement. Le regard qui nous examine, celui qui nous empêche d'oser, celui qui nous freine, celui qui nous peine, celui qui nous fait nous aimer ou nous détester."
Un polar qui fait voyager et apprendre
Sa mise au placard fait étonnamment voyager le lectorat. J’ai adoré découvrir l’Aveyron et, surtout, un pan de l’histoire française que j’ignorais totalement. Je ne savais absolument pas que la construction de barrages avait conduit à engloutir des villages entiers. Toute l’ambivalence est là : le cadre semble idyllique alors que, sous la surface du lac, repose l’histoire terrible de personnes délogées pour nos besoins énergétiques et pour de l’argent.
Après Les Guerriers de l’hiver, j’ai encore appris des choses grâce à cet auteur. C’est aussi ce que j’aime chez Olivier Norek : il réussit à intégrer des faits historiques sans jamais casser le rythme de son intrigue.
Un nouveau coup de cœur pour Olivier Norek
L’auteur a également le chic de nous faire sourire grâce aux petites boutades sur le milieu du polar qu’il glisse entre les pages, mais je préfère vous laisser les découvrir par vous-même.
Au final, j’ai tellement adoré ce roman que je l’ai terminé à 1 h 47 du matin. Pas de bol, mon réveil sonnait quelques heures plus tard pour aller travailler et la reprise a été… disons que j’avais les yeux qui piquaient un peu ! Mais cette critique de la société et de la politique, que l’on retrouve assez régulièrement chez Olivier Norek, est toujours aussi captivante. J’ai déjà hâte de lire un nouveau texte de l’auteur.
Du même auteur :
Mes autres avis sur les romans d’Olivier Norek :
- Entre deux mondes
- La BD Impact
- Le pire des Noëls : spécial frayeur
- Les guerriers de l’hiver
- Surface
- La tétralogie 93 – Victor Coste :
- Code 93
- Territoires
- Surtension
- Dans les brumes de Capelans – dans ma PAL
