Nous qui avons connu Solange à Douarnenez en Bretagne

Résumé

« Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. »

Sarégnac, Corrèze. Célestine grandit dans la ferme familiale, bien décidée à réussir ses études pour échapper à la vie de labeur qui l’attend aux champs.

Cadiran, Gironde. Solange est internée dans une école de préservation pour jeunes filles où sont envoyées des adolescentes jugées « déviantes ».

Quel secret lie ces deux jeunes femmes ? Pourquoi Solange déteste-t-elle tant Célestine ? Et comment cette dernière a-t-elle pu commettre l’irréparable ?

De la France de nos grands-parents jusqu’à nos jours, cette intrigue poignante ménage autant de suspense que de rebondissements. À travers les destinées de quatre générations de femmes puissantes, Marie Vareille retrace l’extraordinaire évolution de notre monde depuis un siècle et nous rappelle ce que nous devons tous à la persévérance et au courage de nos aînées.

Comment parler de Solange sans parler de Solange ?

Je me retrouve face à une difficulté de taille : comment parler de Nous qui avons connu Solange sans parler de Solange ? Je repousse cette chronique depuis que j’ai refermé le roman. Pourtant, je l’ai lu en moins de douze heures. Je l’ai terminé à 2h30 du matin, au point de rater mon réveil et d’arriver au travail à onze heures. Ce livre a donc eu de vraies conséquences sur mon quotidien. En le refermant, je pleurais encore.

Peu de romans m’ont fait traverser autant d’émotions en si peu de temps. La joie, la colère, la surprise, la peine et même la rage se succèdent avec une justesse impressionnante. Marie Vareille nous entraîne des années 1920 jusqu’à aujourd’hui et nous plonge dans une histoire où la guerre, la vie à la ferme et les bouleversements du siècle dernier façonnent plusieurs générations. Plus j’avance dans cette chronique, plus je comprends pourquoi il est si difficile d’en dire davantage. Chaque détail participe à la découverte.

"Ne perds jamais ton temps à ressasser des regrets. Nous empruntons une route plutôt qu'une autre, en ignorant si elle débouchera sur un paysage enchanteur ou un précipice mortel. Une fois une décision prise, la question n'est plus de savoir si elle était bonne ou mauvaise, mais de continuer à avancer sur le sentier qui est désormais le nôtre, en évitant de reproduire les mêmes erreurs."

Une déclaration d'amour aux femmes et à la transmission

S’il fallait résumer ce roman en une idée, je dirais qu’il s’agit avant tout d’une histoire de femmes. Marie Vareille raconte leurs sacrifices, leurs combats et les libertés qu’elles ont dû conquérir. J’ai aimé Célestine dès les premières pages. Je me suis reconnue dans sa manière de penser, malgré des choix parfois très différents des miens. Là encore, je préfère rester volontairement vague.

Une partie de la beauté du roman réside dans ce que le lecteur découvre par lui-même. En refermant le livre, j’ai énormément pensé à mon propre grand-père. Son absence s’est rappelée à moi avec une force inattendue, accompagnée d’une immense gratitude pour tout ce qu’il m’a transmis. Nous qui avons connu Solange est finalement une ode à nos grands-mères, mais aussi à la mémoire familiale et à ce qui continue de vivre à travers nous.

Un roman qui confirme le talent de Marie Vareille

Chaque nouveau roman de Marie Vareille me donne l’impression qu’elle se renouvelle sans perdre ce qui fait sa force. Nous qui avons connu Solange ne possède pas la construction de Désenchantées ni la tension de La dernière allumette. Je l’ai trouvé plus proche d’Ainsi gèlent les bulles de savon dans son équilibre et sa douceur. Il prend le temps de raconter une vie entière sans jamais perdre son lecteur.

Je pourrais vous parler d’une jeune fille, d’un choix ou d’une scène qui m’a bouleversée, mais ce serait déjà trop en révéler. Je préfère simplement vous dire d’aller rencontrer Solange. Laissez-la vous raconter son histoire à son rythme. Vous comprendrez alors pourquoi Marie Vareille est devenue l’une des rares autrices dont j’achète chaque nouveau roman les yeux fermés. J’ajoute enfin une petite mention au 19 bis boulevard Montmartre, clin d’œil qui m’a immédiatement donné envie de transférer mes anciennes chroniques de Tonie Behar sur le blog.

Marie Vareille sur le blog

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