Les moitiés ou comment je suis passée à côté
Résumé
On les surnomme « les lacets ». Quinze ans, déjà noués l’un à l’autre par un grand amour. Bac avec mention, études aux Beaux-Arts, nid qui se construit, s’agrandit. Rien ne cloche dans ce petit couple qui a la famille Ricoré pour idéal. Paola Winter et son fiancé ne font que des envieux. Trop parfaits ? Un jour, sans crier gare, l’ennui – ou la folie – s’incruste. Mais comment vivre sans sa moitié ?
Une étrange découverte qui dormait dans ma PAL depuis 10 ans
Les moitiés est typiquement le genre de livre oublié au fond d’un carton pendant des années. En vidant quelques affaires entreposées chez des amis, je suis retombée sur ce tout petit ouvrage que j’avais probablement acheté dans une brocante ou aux puces. Ce texte de Claire Castillon était en réalité un supplément du Vogue n°929 d’août 2021, vendu uniquement avec le magazine.
Ce qui m’a surtout fait sourire, c’est de découvrir que ce livre était dans ma PAL depuis près de dix ans selon Livraddict. Pour un ouvrage d’à peine soixante pages, cela ressemble presque à un exploit. Une fois retrouvé, je l’ai lu quasiment immédiatement, histoire de faire enfin disparaître cette relique de ma pile à lire.
Le format très court pouvait laisser penser à une lecture rapide et efficace. Pourtant, dès les premières pages, j’ai senti que Les moitiés allait être une expérience compliquée pour moi. Très vite, certaines phrases m’ont mise profondément mal à l’aise et j’ai eu du mal à comprendre la direction prise par le récit.
"Chaque soir, quand je rentrais du bureau, elle était heureuse. Elle avait préparé le dîner et elle sortait de sa douche. La baignoire était mouillée. Son pyjama pendait à la patère mais il était encore chaud. Elle s'habillait seulement pour mon retour et traînait en haillons toute la journée."
Une lecture absurde qui m’a complètement perdue
Au fil des pages, une question revenait sans cesse dans mon esprit : “Mais qu’est-ce que je suis en train de lire ?”. Tous les personnages semblent évoluer dans une forme d’étrangeté permanente et aucun ne vient réellement équilibrer l’ensemble. Cette sensation de malaise paraît volontaire et je pense que Claire Castillon cherche justement à provoquer cette réaction chez son lectorat.
Le problème, c’est que je me suis rendu compte assez tard que Les moitiés relevait clairement du registre de l’absurde. Et malheureusement, c’est un genre littéraire avec lequel je n’accroche absolument pas. J’ai besoin qu’une histoire fasse sens émotionnellement ou narrativement, qu’elle soit réconfortante, réaliste ou dramatique. Mais l’absurde me laisse souvent complètement de marbre.
Cette lecture m’a d’ailleurs rappelé mes années lycée avec Ionesco, que je lisais déjà avec énormément de difficulté. Ici, j’ai retrouvé ce même sentiment de décalage permanent face à un texte qui semble volontairement refuser toute logique classique. Je comprends que cela puisse intriguer ou séduire certains lecteurs, mais personnellement, cela m’a surtout frustrée.
Pourquoi Les moitiés n’était tout simplement pas fait pour moi
Il est rare que je sois aussi sévère dans un avis de lecture, mais je préfère rester honnête : Les moitiés n’était absolument pas un livre pour moi. Malgré ses seulement 63 pages, j’ai eu l’impression que cette lecture durait une éternité. Je n’ai ressenti ni attachement, ni curiosité particulière pour les personnages ou leur histoire.
Cela ne signifie pas forcément que le texte est mauvais. Je pense surtout qu’il s’agit d’un problème total de compatibilité entre le style de Claire Castillon, l’absurde assumé du récit et mes goûts personnels de lectrice. Certaines œuvres cherchent précisément à déranger ou à déstabiliser, mais ce n’est pas ce que je recherche lorsque je lis.
Au moins, cette lecture aura permis de faire disparaître une antiquité de plus dans ma PAL. Et honnêtement, après dix ans d’attente, je crois qu’il était temps de savoir enfin ce que cachait ce petit supplément oublié au fond d’un carton. Je vais plutôt retourner à ma lecture de Clarisse Sabard, une valeur sûre !

C’est une drôle de coïncidence que tu publies ça aujourd’hui, je lis justement un roman de l’autrice en ce moment. Et je ne comprends pas ce que je lis ^^ C’est « Un petit peu malheureusement », je me demande où ça va, mais j’ai du mal à le lire, pourtant il fait une centaine de pages seulement. Par contre, j’avais adoré « Les longueurs », qui m’avait vraiment chamboulée ! Elle a vraiment une plume particulière cette autrice.