Les guerriers de l'hiver devant la tour de Londres
Résumé
« Je suis certain que nous avons réveillé leur satané Sisu.
– Je ne parle pas leur langue, camarade.
– Et je ne pourrais te traduire ce mot, car il n’a d’équivalent nulle part ailleurs. Le Sisu est l’âme de la Finlande. Il dit le courage, la force intérieure, la ténacité, la résistance, la détermination…
Une vie austère, dans un environnement hostile, a forgé leur mental d’un acier qui nous résiste aujourd’hui. »
Imaginez un pays minuscule.
Imaginez-en un autre, gigantesque.
Imaginez maintenant qu’ils s’affrontent.
Au cœur du plus mordant de ses hivers, au cœur de la guerre la plus meurtrière de son histoire, un peuple se dresse contre l’ennemi, et parmi ses soldats naît une légende.
La légende de Simo, la Mort Blanche.
Découvrir la guerre d’Hiver à travers la fiction
J’ai choisi Les guerriers de l’hiver pour la saison, après l’avoir acheté au Festival Sans Nom de Mulhouse, mais aussi par curiosité. J’avais envie de découvrir Olivier Norek dans un registre différent du polar. Très vite, le roman m’a happée. À peine In Tenebris terminé en audio, je me suis lancée dans cette lecture en alternant papier et écoute, sans jamais vouloir m’arrêter. Je ne connaissais absolument pas la guerre d’Hiver. La Seconde Guerre mondiale est souvent racontée à travers le prisme des crimes nazis, beaucoup moins à travers l’absurdité et l’incohérence de la stratégie soviétique. Pourtant, ce conflit m’a semblé terriblement actuel, notamment à la lumière de certaines tensions géopolitiques récentes.
"Il faut toujours un premier mort pour y croire vraiment."
Une guerre absurde et violente
En lisant Les guerriers de l’hiver, j’ai compris à quel point une guerre ne se gagne pas uniquement par la discipline ou la compétence militaire. Les facteurs sont multiples, souvent imprévisibles, et parfois totalement absurdes. Cette impression d’injustice m’a profondément marquée. Certains passages m’ont bouleversée, notamment lors de la description d’un massacre de soldats. Les larmes sont montées sans prévenir. Tout cela pour la folie d’un seul homme. Comme si l’histoire se répétait inlassablement. Depuis mon bureau, en France, cette violence paraît abstraite. Pourtant, ce roman rappelle à quel point l’équilibre est fragile. D’autant plus que la part de fiction est minime. Les faits sont réels, et cela rend la lecture encore plus vertigineuse.
Une écriture saisissante
J’ai été particulièrement touchée par Yrjö, l’élève de Simo, propulsé sniper presque malgré lui. Son respect de la vie, malgré l’arme qu’il tient entre ses mains, est bouleversant. On s’attache profondément à ces soldats finlandais, en sachant que tous ne survivront pas. Cette conscience permanente donne une intensité émotionnelle folle au récit.
J’ai aussi beaucoup apprécié les répétitions volontaires de certains événements, racontés sous des angles différents. Ce procédé éclaire la complexité des décisions et leurs conséquences. Enfin, la documentation finale m’a profondément émue. Les remerciements eux-mêmes m’ont tiré des larmes. En tant que documentaliste, je ne peux qu’admirer la rigueur et le respect avec lesquels Norek traite son sujet. Et il est certain que je lirai tout ce qu’il a écrit.
Du même auteur / De la même autrice / De la même série :
Mes autres avis sur les romans d’Olivier Norek :
- Surface – dans ma PAL
- La trilogie 93 – Victor Coste :
- Code 93
- Territoires
- Surtension
- Dans les brumes de Capelans – dans ma PAL
