Carrie de Stephen King dans sa nouvelle traduction corrigée : ma chronique concerne l'ancienne version
Résumé
À dix-sept ans, solitaire, timide et pas vraiment jolie, Carrie White vit un calvaire, victime du fanatisme religieux de sa mère et des moqueries incessantes de ses camarades de classe. Sans compter ce don, cet étrange pouvoir de déplacer les objets à distance, bien qu’elle le maîtrise encore avec difficulté…
Un jour, cependant, la chance paraît lui sourire. Tommy Ross, le seul garçon qui semble la comprendre et l’aimer, l’invite au bal de printemps de l’école. Une marque d’attention qu’elle n’aurait jamais espérée, et peut-être même le signe d’un renouveau ! Loin d’être la souillonne que tous fustigent, elle resplendit et se sent renaître à la vie. Mais c’est compter sans l’aigreur et la mesquinerie des autres élèves.
Cette invitation, trop belle pour être vraie, ne cache-t-elle pas un piège plus cruel encore que les autres ?
Découvrir le premier roman de Stephen King
Carrie est le premier roman de Stephen King. Je ne le savais pas en commençant ma lecture, et je trouve toujours intéressant de découvrir des œuvres très espacées dans le temps chez un même auteur. Cela permet notamment d’observer l’évolution de sa plume, de ses thématiques et de sa manière de construire ses histoires.
J’ai encore de nombreux romans de King dans ma pile à lire, mais Halloween me semble toujours particulièrement propice à ses histoires glauques ! D’ailleurs, je préfère vous prévenir : j’avais déjà vu le film de 1976, Carrie au bal du diable, avant de découvrir le roman. Dans mon esprit, Carrietta White avait donc naturellement les traits de Sissy Spacek. Pourtant, Stephen King parvient rapidement à remodeler cette image grâce à ses descriptions. Pour un premier roman, je trouve cela particulièrement réussi !
En revanche, j’ai eu un peu de mal à suivre la narration au début. L’auteur passe régulièrement d’un point de vue à un autre, parfois sans véritable transition. Carrie, Sue, Tommy, Chris… Chaque personnage apporte sa propre perspective, mais cette construction demande un petit temps d’adaptation.
À cela s’ajoutent des coupures de presse, des extraits d’interviews et même des passages d’ouvrages consacrés aux événements qui vont bouleverser la petite ville. Progressivement, ces documents annoncent qu’un drame terrible se prépare, sans nécessairement en dévoiler tous les détails.
J’ai beaucoup aimé ce procédé narratif ! Il entretient la curiosité et donne constamment envie d’en apprendre davantage, même lorsqu’on connaît déjà les grandes lignes de l’histoire grâce au film. Le roman possède également cet avantage formidable de nous permettre d’accéder directement aux pensées des personnages.
Une histoire de harcèlement profondément dérangeante
Alors, Carrie est-elle effrayante ? J’ai envie de répondre que oui ! Peut-être ne vous empêchera-t-elle pas de dormir de terreur, mais vous risquez de ne pas vouloir refermer ce roman avant d’en connaître la conclusion.
D’abord, parce que cette histoire est profondément méchante. Le harcèlement scolaire constitue l’une de ses thématiques centrales, auquel s’ajoute le fanatisme religieux de la mère de Carrie. À l’école comme à la maison, la jeune fille évolue dans un environnement particulièrement hostile. L’amour semble avoir bien peu de place dans cet univers. Quant à l’espoir, il apparaît tellement fragile qu’on finit presque par craindre chaque instant de bonheur.
Stephen King montre ainsi jusqu’où peut aller la souffrance d’une adolescente constamment humiliée et poussée à bout. Le roman interroge aussi les conséquences terribles de la cruauté collective. Car si Carrie possède des pouvoirs extraordinaires, les comportements qui provoquent son désespoir sont malheureusement beaucoup plus ordinaires.
La seconde partie fait d’ailleurs basculer l’histoire dans une atmosphère particulièrement sombre et dérangeante. Le sang, la violence et les comportements de certains personnages deviennent de plus en plus inquiétants. La télékinésie ajoute une dimension surnaturelle à cette escalade, jusqu’à transformer la colère de Carrie en une véritable catastrophe. Et c’est précisément ce mélange qui rend le roman aussi efficace à mes yeux. L’horreur ne repose pas uniquement sur les pouvoirs de son héroïne, mais également sur ce que les êtres humains sont capables de s’infliger.
Carrie, une héroïne parfaite pour Halloween
Finalement, Carrie constitue une excellente lecture pour Halloween ! Stephen King nous plonge dans une histoire particulièrement glauque, où les pires aspects de la nature humaine finissent par éclater au grand jour.
J’ai aimé découvrir les pensées des personnages, comprendre davantage leurs motivations et retrouver une histoire que je connaissais déjà sous une forme différente. Malgré quelques difficultés initiales avec sa construction narrative, le roman m’a rapidement donné envie de poursuivre jusqu’à sa conclusion.
Pour un premier roman, Stephen King proposait déjà une histoire particulièrement marquante, aussi bien par son atmosphère que par les thématiques abordées. Une lecture sombre, violente et dérangeante, que je recommande absolument aux amateurs du genre !
Chronique issue de ma lecture d’octobre 2016 et publiée sur mon ancien blog.
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