La BD Petit Pays est une adaptation du roman éponyme
Résumé
Exilés au Burundi, Gaby et Ana, enfants métis franco-rwandais, voient leur quotidien joyeux bousculé par la guerre civile. Alors que leur famille se déchire, le génocide des Tutsi au Rwanda voisin vient mettre un terme à leur innocence.
Découvrir Petit Pays par le dessin
Je découvre la BD Petit Pays avant d’avoir lu le roman, ce qui me ressemble de plus en plus. Je manque de temps pour lire de gros pavés et les romans graphiques ou les bandes dessinées sont devenus une excellente manière de contourner le problème. Pourtant, le roman de Gaël Faye est bien dans ma PAL, tout comme Le dernier Lapon ou encore Autant en emporte le vent, que j’avais également choisi de découvrir d’abord en version illustrée.
Dans le cas de la BD Petit Pays, cette lecture me semble même particulièrement pertinente. Je n’ai jamais mis les pieds en Afrique et j’ai spontanément fait confiance aux images pour me donner des repères : les paysages, la lumière, les couleurs ou encore la végétation. Je ne sais pas dans quelle mesure tout est parfaitement fidèle à la réalité, mais cette représentation visuelle m’a aidée à entrer dans le récit.
Paradoxalement, les dessins rendent aussi la violence des événements beaucoup plus concrète. Certaines scènes sont difficiles à regarder et c’est précisément ce qui fait la force de cette adaptation. Impossible de détourner les yeux. On tourne les pages avec une boule dans la gorge, tout en ayant envie de comprendre davantage ce qui a conduit à cette tragédie.
Un récit intime au milieu de l’Histoire
Il m’a fallu très peu de pages pour avoir envie de lire le roman original. Très vite, des thèmes qui me parlent beaucoup apparaissent. J’ai été touchée par les relations familiales, par ces adultes qui projettent parfois des idées ou des attentes irréalistes sur leur partenaire, mais aussi par cette étrange sensation de ne plus reconnaître ceux que l’on aime lorsque les circonstances changent brutalement.
Bien sûr, ce n’est pas le cœur du récit. La BD Petit Pays nous parle avant tout du Burundi et du Rwanda, de leurs fractures et des conséquences terribles de la colonisation européenne. Les adultes discutent politique, les tensions s’aggravent et, peu à peu, les enfants comprennent qu’ils vivent dans un monde qui bascule.
Au centre de tout cela se trouve Gaby, un enfant métisse, né d’une mère rwandaise et d’un père français. C’est à travers son regard que nous découvrons cette histoire faite de guerres, de massacres et de haine. J’ai trouvé ce point de vue particulièrement fort, parce qu’il permet d’aborder des événements historiques d’une immense complexité sans jamais perdre de vue les individus qui les traversent.
Une lecture qui m’a profondément bouleversée
Je vais être honnête : je ressors de cette lecture complètement broyée. Au fil des pages, mon cœur s’est serré de plus en plus fort. J’ai fini par éclater en sanglots, parce que la BD Petit Pays ne cherche jamais à nous protéger. Les personnages vivent l’horreur et nous la montrent telle qu’elle est. Pourtant, comment pourrait-il en être autrement ? Personne n’a épargné les victimes de cette guerre civile. Personne n’a pu détourner le regard à leur place.
J’aurais peut-être aimé comprendre encore davantage les mécanismes historiques qui ont conduit à cette escalade de violence. Certains événements sont évoqués rapidement et j’ai parfois ressenti le besoin de prendre du recul pour mieux saisir le contexte. Mais finalement, ce n’est pas un reproche. Au contraire, cette frustration est devenue une motivation.
Parce que la BD Petit Pays m’a donné envie d’ouvrir le roman de Gaël Faye. Elle m’a aussi donné envie de me documenter sur l’histoire du Rwanda et du Burundi, de comprendre ce qui s’est joué et comment de telles tragédies ont pu avoir lieu. C’est sans doute la plus grande réussite de cette adaptation : elle raconte une histoire bouleversante, mais elle donne surtout envie d’aller plus loin.
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