Le loup, le canard et la souris

Résumé

Un petit matin, une souris croise un loup. Le loup la dévore vite fait. « Pauvre de moi ! Je suis coincée dans le ventre de la bête. C’est la fin ! » C’est sans compter la présence d’un canard, joliment installé malgré le peu de lumière, qui prépare un dîner aux chandelles et une petite danse pour son invité. « Je vis très bien ici. J’ai peut-être été avalé, mais je n’ai aucune intention d’être mangé ! »

Le loup, le canard et la souris : un album jeunesse surprenant et audacieux

Cet album jeunesse a rejoint ma liste de lecture via la Bibliothèque d’Alsace principalement pour une raison très précise : il est illustré par Jon Klassen. J’avais déjà croisé son travail avec des ressentis assez variés, alors j’avais envie de continuer à explorer son univers pour me faire un avis plus tranché. Et une chose est sûre : Le loup, le canard et la souris ne prend pas les enfants pour des naïfs.
 
Dès les premières pages, le ton est donné. Comme dans Je veux mon chapeau, un animal se fait avaler. Mais loin d’être une fin, cet événement marque en réalité le début d’une aventure totalement inattendue. On retrouve cet humour absurde, un peu décalé, mais toujours fin et accessible. J’ai même lu un passage à voix haute, et je me suis surprise à rire comme une enfant. Ce type de lecture, qui amuse autant l’adulte que l’enfant, est assez rare pour être souligné.

"- Quand j'étais dehors, j'avais toujours peur de me faire avaler pas un loup. Ici, je ne m'en fais plus."

Une aventure drôle et pleine de malice

Ce qui fonctionne particulièrement bien dans Le loup, le canard et la souris, c’est la capacité de Mac Barnett à jouer avec les codes classiques des récits animaliers. Oui, on est bien sur une histoire liée à la chaîne alimentaire, mais revisitée avec une intelligence et une malice étonnantes. L’intrigue prend rapidement une tournure inattendue et embarque le lecteur dans une situation aussi improbable que réjouissante.
 
J’ai ressenti tour à tour de l’inquiétude, de l’amusement, et surtout beaucoup de curiosité face à ce qui allait suivre. Et cette fin… vraiment, c’est une pépite. Elle vient sublimer tout le reste avec une chute parfaitement maîtrisée. C’est typiquement le genre d’album qui reste en tête après la lecture, et qu’on a envie de relire ou de partager.

Des illustrations fortes au service du récit

Si j’avais choisi cet album, c’était aussi pour les illustrations de Jon Klassen, et je n’ai pas été déçue. Son style est immédiatement reconnaissable, avec cette approche minimaliste et cet effet presque “collage” qui donne une vraie identité visuelle à l’album. Les choix de couleurs sont particulièrement réussis. Ils participent pleinement à l’ambiance du récit, renforçant à la fois l’humour et la tension de certaines scènes.
 
Les illustrations ne se contentent pas d’accompagner le texte, elles en sont une extension naturelle. Au final, Le loup, le canard et la souris est une très belle découverte, à la fois drôle, intelligente et visuellement marquante. Un véritable coup de cœur jeunesse, qui prouve qu’un album peut être simple en apparence, tout en étant riche et subtil dans son propos.

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