La saison des adieux, le dernier tome des Mémoires de la forêt
Résumé
Autour de la famille Renard, on s’active aux préparatifs de l’anniversaire des quatre-vingts ans de la librairie de Bellécorce quand soudain, une branche craque. C’est le premier signe d’une terrible maladie : le croquebois. Pour en venir à bout, une seule solution : couper l’arbre. Mais, ça, Ernest Renard ne peut s’y résoudre. Le vieux chêne abrite les souvenirs et les oeuvres de sa mère, Anouchka. S’il disparaît, c’est aussi elle qui s’en ira encore un peu plus. À moins que l’arbre des souhaits, un pommier magique dont Anouchka lui avait parlé quand il était petit, n’accomplisse un miracle. Sa quête à travers la forêt lui réservera bien des pépins, et la vie à croquer.
La saison des adieux : une évolution marquée par le temps et la transmission
J’avais eu un énorme coup de cœur pour le troisième tome, qui s’était hissé dans mon top 2 de 2025. Autant dire que j’attendais le printemps avec impatience pour découvrir La saison des adieux, dernier volet des Mémoires de la forêt. Et dès les premières pages, j’ai été surprise par le choix narratif : un bond dans le temps qui fait vieillir nos personnages et laisse place à une nouvelle génération. Ce parti pris apporte une dimension profondément nostalgique au récit. On retrouve cette double lecture qui touche autant les enfants que les adultes, un peu comme ces œuvres capables de parler à tous sans jamais simplifier leur propos. Cette transmission, cette continuité, c’est précisément ce qui fait la force de la plume de Mickaël Brun-Arnaud.
"Le passé était riche des leçons que la vie enseignait, alors pour quelle raison voudrait-on tout effacer ?"
Un récit bouleversant sur l’enfance et les responsabilités
Mais ne vous attendez pas à une transition douce. La saison des adieux frappe fort dès le début. L’auteur ne cherche pas à ménager son lectorat, et c’est ce qui rend l’expérience si intense. On suit Ernest Renard, le fils de Bartholomé. Et à travers lui, on découvre une réalité difficile : celle d’un enfant contraint de grandir trop vite. Ernest doit être responsable, solide, irréprochable. Il laisse son innocence à l’école pour endosser, chez lui, un rôle bien trop lourd pour son âge.
Ce contraste m’a profondément touchée. Sa manière de contenir, puis de laisser exploser ses émotions m’a parlé de façon très personnelle. Et c’est là toute la force du roman : réussir à mettre des mots justes sur des ressentis complexes. L’intrigue, quant à elle, reste captivante. Malgré son positionnement jeunesse, le suspense est bien présent. Ernest entame une aventure à la fois concrète et symbolique, et j’étais tellement investie que j’ai lu jusqu’au bout de la nuit pour en connaître l’issue.
Une conclusion magnifique malgré quelques réserves
Comme toujours, les illustrations de Sanoe viennent sublimer le texte. Elles apportent une douceur visuelle qui équilibre la dureté de certains passages. Leur finesse participe pleinement à l’émotion globale du récit. Si je devais émettre une réserve, ce serait sur la caricature allemande, que j’ai trouvée un peu trop marquée. Ce type de représentation, encore fréquent, m’a légèrement sortie de ma lecture. Je veux dire : je vous propose un projet annuel sur la RDA… Mais cela reste un détail face à la puissance du reste.
Car au final, La saison des adieux est un immense coup de cœur. J’ai été bouleversée par la sincérité des émotions, par le courage de l’auteur de ne pas édulcorer les sujets difficiles, et par la beauté de son écriture. Les expressions revisitées, la sensibilité du propos, tout parfaitement juste. Les dernières pages m’ont fait pleurer, et c’est souvent là que je reconnais les lectures qui me marquent vraiment. Ce tome boucle la saga avec une élégance et une intensité remarquables. Autant le premier m’avait laissée à distance, autant les suivants ont su conquérir mon cœur. Une conclusion à la hauteur de cette série devenue, au fil des tomes, profondément marquante.
La saga Les mémoires de la forêt
Mes avis sur les autres tomes de la saga :
- Tome 1 – Les souvenirs de Ferdinand Taupe
- Tome 2 – Les carnets de Cornelius Renard
- Tome 3 – L’esprit de l’hiver
- Tome 4 – La saison des adieux

J’ai beaucoup aimé les deux premiers tomes, très beaux et touchants. Le troisième attend dans ma PAL. Je le garde pour l’hiver prochain. 🙂
Contente de te lire autant emballée et marquée par cette magnifique saga ♥
Le premier tome avait été un coup de coeur alors j’espère que cette conclusion saura, comme toi, atteindre mon coeur même si je n’en doute pas. J’aurais aimé rester sur les mêmes personnages mais l’auteur semble avoir fait le bon choix en misant sur la transmission.