Pierre Lapin devant la statue de la reine Victoria
Résumé
Pierre Lapin s’aventure, malgré l’interdiction de sa maman, dans le jardin de M MacGregor… Une folle poursuite s’engage !
Sur les traces de Pierre Lapin
En suivant les pas de Star à Londres entre Noël et Nouvel An, l’envie de redécouvrir Pierre Lapin s’est imposée. Cette histoire accompagnait déjà mon enfance, lue en anglais à mon petit frère, grâce à notre grand-mère écossaise. Retrouver Beatrix Potter dans La sœur de l’ombre avait ravivé ce souvenir, avec une charge émotionnelle toute particulière. À Londres, le passage chez Hatchard’s était donc évident. Ce premier conte, publié en 1902, est donc passé en caisse sans hésiter.
"Pierre courut sans s'arrêter ni même jeter un coup d’œil derrière lui jusqu'au grand sapin où il habitait. Il était si fatigué qu'il se laissa tomber sur le sable douillet qui recouvrait le sol du terrier et ferma les yeux."
Un album ancien, mais intact
Ce qui frappe immédiatement, c’est l’intemporalité de l’objet. Le livre a presque cent vingt-cinq ans et pourtant, rien ne semble daté. Les illustrations au crayon de Beatrix Potter conservent une douceur rare. Le trait reste lisible, précis, et profondément humain. À l’heure du tout-numérique, ces dessins faits main dégagent une chaleur un peu particulière. Ils participent clairement pleinement à l’expérience de lecture.
Une relecture pleine de surprises
La relecture réserve aussi son lot d’étonnement. Le début, que j’avais totalement oublié, m’a fait éclater de rire. Le père de Peter transformé en tourte pose un cadre étonnamment sombre pour un album jeunesse. Mais ce décalage fonctionne pourtant très bien ! La morale est claire, mais n’écrase jamais le récit. L’histoire reste vive, malicieuse, et parfaitement compréhensible pour un enfant. Elle tient encore largement la comparaison avec des albums contemporains.
Même si l’action se déroule en fin d’été, au milieu des choux et des radis du jardin de Mr. McGregor, cette lecture s’inscrit dans le prolongement de mon voyage londonien. Pierre Lapin n’a rien d’un classique figé. Il continue de vivre, de se transmettre, et de donner envie de poursuivre la collection. La suite m’attendra, un jour, dans la région des lacs.
