Mort d'une libraire ou mort d'une lectrice ?
Résumé
Roach, libraire à Londres, gère son rayon true crime d’une main de maître. Ses passions : les meurtres non élucidés, les escargots, la mort. Dans sa librairie en déclin, débarquent un jour de nouveaux libraires pour une reprise de la dernière chance. Parmi eux Laura, employée modèle, poète à ses heures perdues, un rayon de soleil face à la sombre Roach. Entre elles, un jeu de fascination et de répulsion s’installe. Et Roach, intriguée par la perfection de façade de Laura, commence à fouiller dans sa vie, jusqu’à aller trop loin…
Une lecture qui m'a profondément exaspérée
Quelle déception ! Je crois que ça faisait longtemps qu’une lecture ne m’avait pas autant exaspérée. Pourtant, je trouvais l’idée de départ intéressante et le roman avait de quoi me plaire. Malheureusement, j’ai rapidement compris où l’autrice voulait en venir. Les centaines de pages suivantes m’ont alors semblé interminables et répétitives.
Dès le départ, j’ai apprécié Laura, tandis que Roach m’a profondément agacée. Cette dernière est une véritable pick me, autocentrée, méprisante et incapable de se remettre en question. Elle passe son temps à juger les « normies », tout en cherchant désespérément leur reconnaissance. Quant à son obsession pour Laura, elle m’a tellement énervée ! Laura ne lui doit absolument rien. Être polie et professionnelle avec quelqu’un ne signifie pas qu’on doit devenir son amie.
C’est d’ailleurs l’un des aspects du roman qui m’a le plus parlé. Je me suis beaucoup reconnue dans la manière dont Laura envisage ses relations professionnelles. Par conséquent, mon rejet de Roach était d’autant plus fort. J’avais envie de lui rappeler qu’une relation amicale ne se décrète pas et qu’insister auprès de quelqu’un qui ne souhaite pas se rapprocher de nous n’a rien de romantique ou de touchant.
"Des grappes de meufs bavardaient en retouchant leur rouge à lèvres devant leur miroir de poche et posaient pour des selfies joyeux. Le genre d'idiotes qui ressentent un frisson d'excitation quand l'été cède la place à l'automne, que vient le moment de remettre des foulards, des collants et des bottines en cuir, et que Starbucks ressort son latte à la cannelle épicée."
Une réflexion intéressante noyée dans les répétitions
J’ai également été profondément mal à l’aise face à la fascination de Roach pour les tueurs en série. Je regarde moi-même du true crime et je lis énormément de thrillers. Pourtant, je trouve dérangeant de collectionner les informations sur des meurtriers comme s’il s’agissait de célébrités. Quitte à détourner la vérité, comme le fait parfois la série Monsters sur Netflix.
Le roman soulève donc une réflexion pertinente sur la place accordée aux criminels dans nos récits, souvent au détriment de leurs victimes. J’ai beaucoup apprécié la démarche de Laura, qui cherche justement à rendre hommage à ces dernières plutôt qu’à glorifier leurs assassins. Malheureusement, cette idée intéressante se retrouve noyée dans un récit interminable qui tourne constamment en rond.
Car mon principal problème avec Mort d’une libraire, au-delà de mon aversion pour Roach, reste sa répétitivité. Les mêmes comportements, les mêmes justifications, les mêmes obsessions, encore et encore. Les personnages sont poussés à l’extrême, parfois jusqu’à la caricature.
Le manque d’hygiène de Roach et son mode de vie m’ont également dégoûtée. De son côté, la consommation excessive d’alcool de Laura a fini par m’agacer. Je comprenais sa détresse et j’éprouvais beaucoup d’empathie pour elle, mais certaines de ses décisions m’exaspéraient malgré tout. Cela ne remettait évidemment pas en question la légitimité de sa souffrance.
Mort d'une libraire : une énorme déception
Je reconnais à Alice Slater une certaine efficacité dans la construction psychologique de Roach. Elle parvient à rendre son personnage profondément inquiétant, notamment grâce à son incapacité à percevoir ses propres comportements comme problématiques. Mais c’est aussi ce qui a fini par gâcher complètement ma lecture. Je voulais simplement qu’elle sorte de ma vie, plus que de celle de Laura !
Même la conclusion n’a pas réussi à me réconcilier avec l’histoire. J’espérais pourtant qu’elle apporterait quelque chose de suffisamment marquant pour justifier toutes ces pages passées à supporter Roach. Malheureusement, je suis arrivée au bout avec exactement le même agacement.
Au final, je reconnais l’intérêt du propos et certaines qualités dans la manière dont l’autrice dépeint l’obsession et le harcèlement. Mais comprendre une intention littéraire ne signifie pas apprécier sa mise en œuvre. J’ai trouvé ce roman beaucoup trop long et ses personnages trop caricaturaux. J’ai même fini par sauter un chapitre tant je n’en pouvais plus ! C’est donc une lecture que j’ai terminée davantage par principe que par plaisir.
Et si j’avais su ce qui m’attendait, je ne l’aurais tout simplement pas commencée. Bref, Mort d’une libraire est une énorme déception. Je le referme avec le sentiment d’avoir perdu mon temps.
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