Un tigre à la campagne, littéralement dans un pré

Résumé

Dans le Paris des années 1930, Michel Plessin est inspecteur aux Brigades du Tigre. Charmeur invétéré, il passe autant de temps à séduire qu’à enquêter. Jusqu’au jour où une descente de police dans la maison close qu’il fréquente tourne mal. Ses supérieurs décident alors de l’éloigner de la capitale.

Le voilà envoyé dans un petit village du sud de la France afin de prêter main-forte à la police locale après un meurtre. Pour ce Parisien convaincu, le changement est brutal. Entre les habitudes de la campagne, les rivalités locales et l’influence des puissantes familles Mérantès et Soubert, son enquête s’annonce plus complexe que prévu.

Très vite, la rencontre avec les jumelles Madeleine et Odile Mérantès vient brouiller son jugement. Alors que les secrets du village remontent peu à peu à la surface, Michel Plessin devra distinguer le vrai du faux avant que l’affaire ne lui échappe complètement.

Le calme de la campagne cache parfois bien des mystères…

Une surprise au détour de ma pile à lire

Il y a déjà deux ans, les éditions Kalopsia m’ont fait parvenir Un tigre à la campagne sans que je ne l’aie sollicité. C’est toujours le risque avec les services de presse non demandés : ils ne correspondent pas forcément à nos goûts de lecture. De mon côté, les graphismes ne m’attiraient pas particulièrement. Résultat, l’album est resté très longtemps dans ma pile à lire.

Si je l’ai finalement sorti cet été, c’est parce que je me suis lancé un défi un peu fou : compenser la hausse récente de ma PAL. Les BD sont parfaites pour ça, alors je me suis installée pendant la cuisson de mon banana bread… et, contre toute attente, je me suis retrouvée happée par l’intrigue.

J’ai peut-être jugé un peu trop vite un livre à sa couverture. Dès l’arrivée de Plessin dans la campagne du sud de la France, j’ai commencé à apprécier les paysages proposés par Olivier Aranda, sublimés par les couleurs de Mylenium. Je ne suis toujours pas très sensible au dessin des personnages, mais les décors m’ont vraiment séduite. Quant à l’histoire, j’ai été agréablement surprise de découvrir un polar. Oui, je sais, il suffisait probablement de lire la quatrième de couverture… mais vous commencez à me connaître : je ne les lis presque jamais.

Un héros qui a gâché mon plaisir de lecture

Malheureusement, mon enthousiasme n’a pas duré très longtemps. Le principal frein de cette lecture porte un nom : Plessin.

Très rapidement, je me suis rendu compte que je ne supportais pas le personnage. Il quitte un lupanar parisien pour débarquer à la campagne et tombe immédiatement sous le charme d’une jeune femme qui lui adresse deux regards. J’ai aussitôt pensé à Howard Wolowitz dans The Big Bang Theory. Ajoutez à cela une héroïne dessinée avec une poitrine digne de Nami dans One Piece, du voyeurisme, deux jumelles très sexualisées et un regard constamment tourné vers le fantasme masculin… autant dire que j’ai rapidement décroché.

C’est d’autant plus dommage que toute cette partie vient casser une intrigue qui, jusque-là, fonctionnait plutôt bien. Je n’ai pas non plus trouvé les costumes des jumelles très crédibles pour les années 1930, ce qui m’a encore un peu plus sortie de l’histoire. Enfin, le comportement violent de Plessin n’a évidemment rien arrangé. Vous le savez maintenant : lorsque je n’arrive pas à apprécier le personnage principal, il devient extrêmement difficile pour moi d’aimer le reste du récit.

Extrait de la BD Un tigre à la campagne

Une enquête réussie, mais pas suffisante

Pourtant, tout n’est pas à jeter. Bien au contraire, j’ai trouvé l’enquête intéressante et son dénouement fonctionne bien. C’est d’ailleurs ce qui rend mon avis un peu frustrant. J’aurais aimé aimer cette bande dessinée davantage, car son ambiance policière est réussie et son décor rural apporte une vraie personnalité au récit.

Simplement, je n’ai jamais réussi à dépasser mon rejet du héros et de la représentation des personnages féminins. Au final, ce sont eux qui ont pris toute la place dans mon ressenti et qui ont éclipsé les qualités de l’intrigue.

Avec le recul, ce n’est peut-être pas plus mal que je ne l’aie lu que maintenant. Je pense sincèrement que Un tigre à la campagne trouvera son public, notamment chez les amateurs de la BD franco-belge classique, avec ses codes et certains de ses travers. En revanche, ce n’était tout simplement pas une lecture faite pour moi. Comme d’habitude, cet album rejoindra une boîte à livres afin de poursuivre son chemin vers quelqu’un qui saura peut-être davantage l’apprécier.

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