Christiania sur les traces d'Anna, ici devant une maison à colombage d'époque

Christiania en 1875 : une capitale en pleine mutation

[CET ARTICLE CONTIENT DE NOMBREUX SPOILERS SUR LES SEPT SOEURS !]

Il y a deux jours, nous suivions Ally dans l’Oslo moderne. Aujourd’hui, nous remontons le temps pour marcher sur les traces de son ancêtre Anna, à Christiania. En effet, la ville doit alors son nom au roi Christian IV, qui la déplace de l’autre côté de l’anse de Bjørvika après les incendies répétés du vieux village. Ce n’est qu’en 1925 qu’elle retrouvera son nom d’origine, Oslo. Au musée de la ville, nous avons découvert à quoi ressemblaient les tramways qu’Anna voyait défiler quotidiennement. De plus, une carte ancienne nous a montré son quartier, autour de la rue St Olav, où elle s’installe en 1875.

Comme Anna, nous sommes arrivés à la gare d’Oslo Sentral, directement reliée à l’aéroport par une ligne ferroviaire. Là, elle emménage au numéro 10 de la rue St Olav, un immeuble modeste pour nous, mais qui représente le standing de la classe moyenne supérieure de l’époque. En tant que mécène et professeur d’histoire à l’université, son protecteur Herr Bayer appartient à cette élite cultivée. Ainsi, ce quartier, aujourd’hui ordinaire, était alors un symbole de réussite sociale.

« - Nous aussi allons en prendre une pour rentrer plus vite à la maison. D’habitude, je prends le tram, mais j’ai peur que ce soit trop fatigant pour toi après ton long voyage. Herr Bayer donna des instructions au cocher, puis aida Anna à monter. Elle s’installa sur la banquette recouverte d’un doux tissu rouge, ravie de voyager dans une telle opulence. »

La St Olav Kirke et la cathédrale : entre foi et ambition

Anna se rend régulièrement à l’église. La St Olav Kirke, située à deux pas de chez elle, était malheureusement fermée pour travaux lors de notre visite. Pourtant, son rêve est de chanter dans un lieu à l’acoustique grandiose. C’est pourquoi nous avons poussé jusqu’à la cathédrale d’Oslo, où l’on imagine aisément sa voix résonner dans la nef. Là, entre les bancs de bois et les vitraux, on devine l’émotion qui l’animait.

« — Comme je l’ai dit à vos parents, les conditions de vie dans mon appartement seront tout à fait appropriées. Ma gouvernante, Frøken Olsdatter, réside également chez moi et sera disponible en permanence pour vous chaperonner et s’occuper de vous, si vous avez besoin de quoi que ce soit. J’ai aussi montré à vos parents des lettres de recommandation de mon université et de la communauté musicale de Christiania. Vous n’avez donc rien à craindre, ma chère, je vous assure. »

Un départ douloureux vers Leipzig

Anna fait une rencontre décisive dans un lieu que nous explorerons dans le prochain article. Cette rencontre, avec Jens, un jeune homme qui a trouvé refuge dans les quartiers en maisons à colombages, va bouleverser sa vie. Bien que ces maisons soient aujourd’hui pittoresques, elles symbolisaient alors la pauvreté. Pourtant, c’est là qu’elle trouve l’inspiration pour quitter Christiania. Avant de monter à bord du bateau, elle s’assoit sur un banc face au fjord, le cœur lourd. Car elle sait que ce voyage vers Leipzig la marquera à jamais. Mais elle ignore encore qu’elle en reviendra transformée.

« Tandis que le ferry quittait le fjord pour rejoindre Hambourg, à grand renfort de bruit et de fumée, Anna, seule sur le pont, regardait son pays disparaître dans la brume automnale. Et se demandait si, un jour, elle le reverrait. »

Sur les traces des sept soeurs en 2026 :

La prochaine fois, nous partirons sur les traces d’Henrik Ibsen, comme Anna en son temps, puis comme Ally des décennies plus tard. Ensemble, elles y chercheront bien plus qu’un théâtre : les clés de leur histoire familiale.

Mes pérégrinations de cette année 2026 :

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