Sans elle de Amélie Antoine

Résumé

Il était une fois une famille heureuse et unie.
Des jumelles de six ans qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau.
Des enfants fusionnelles qui grandissaient ensemble et s’adoraient.
Jusqu’à un soir de feu d’artifice où l’une d’elles se volatilise brutalement.

Il était une fois deux fillettes inséparables.
Jusqu’à ce qu’il n’en reste plus qu’une.
Il était une fois une histoire qui n’a rien d’un conte de fées.

Un projet littéraire qui m’intriguait depuis longtemps

Grâce à NetGalley France, à l’époque, j’ai eu la chance de découvrir Sans elle, le roman auto-édité d’Amélie Antoine. Ce projet commun avec Solène Bakowski me faisait de l’œil depuis longtemps et je me suis enfin décidée à franchir le pas. J’ai tellement aimé cette lecture que je suis allée demander l’autre roman dès la dernière page tournée.

L’idée de départ est pourtant très simple. Les deux autrices partagent les mêmes personnages et le même point de départ. Puis tout bascule. Dans Sans elle, la petite Jessica lâche la main de sa mère et disparaît à jamais. Dans Avec elle, elle grandit aux côtés de sa sœur jumelle. J’ai trouvé ce concept absolument génial. Cette possibilité d’observer deux destins issus d’un même instant me fascinait déjà avant ma lecture.

J’avais beaucoup aimé Quand on n’a que l’humour d’Amélie Antoine et j’étais curieuse de retrouver sa plume. Je n’ai pas été déçue. Son écriture est fluide, précise et particulièrement efficace lorsqu’il s’agit de mettre des mots sur des émotions complexes. J’ai aussi apprécié les petits clins d’œil au roman miroir, disséminés au fil du récit. Enfin, impossible de ne pas mentionner cette couverture magnifique, qui résume à elle seule toute l’essence du projet.

« A-t-on conscience, lorsqu’on vit quelque chose, que ce moment se transformera en un souvenir qu’on chérira de toutes nos forces plus tard ? La plupart du temps, non. Mais parfois, tout au fond de soi, on sent que quelques instants de joie sont en train de se graver dans notre mémoire au moment même où ils se produisent. »

Une famille qui doit apprendre à vivre avec l’absence

Je m’attendais à lire un thriller ou une enquête autour de la disparition de Jessica. Pourtant, Sans elle prend une toute autre direction. Le roman s’intéresse surtout à ceux qui restent et à la manière dont ils tentent, ou non, de continuer à vivre.
 
Coline, la sœur jumelle de Jessica, doit grandir sans elle. Les parents essaient de tenir debout malgré la culpabilité, les regrets et les non-dits. Peu à peu, la famille se fissure. Dépression, anorexie, fuite ou incapacité à lâcher prise : chacun développe ses propres mécanismes de survie.
 
Ce qui m’a particulièrement plu, c’est cette question qui revient sans cesse : à quoi ressemblerait leur vie si Jessica n’avait pas disparu ? Pour une fois, nous avons la possibilité d’obtenir une réponse grâce au roman jumeau. Cette idée d’effet papillon est fascinante. Un simple instant peut faire basculer toute une existence et modifier profondément ceux qui nous entourent.

Des personnages attachants et une fin redoutable

Comme dans Quand on n’a que l’humour, je me suis attachée à tous les personnages. J’ai eu énormément de peine pour Coline et j’ai compris la plupart des reproches qu’elle adresse à ses parents. Sa colère m’a semblé légitime, tout comme sa difficulté à trouver sa place dans cette famille blessée.

Le père m’a également beaucoup touchée. Je n’ai pas toujours partagé ses choix, mais j’ai compris ses motivations. Quant à la mère, j’ai été surprise de réussir à autant l’apprécier. J’ai reconnu chez elle certaines personnes de mon entourage, avec leur fatigue, leur désarroi et cette incapacité à abandonner l’espoir malgré les années qui passent.

Et puis il y a cette fin. Amélie Antoine a le don de nous faire tomber de très haut. Je ne m’attendais absolument pas à cette révélation. Pourtant, même après avoir refermé le livre, j’ai continué à y penser. Parce qu’un doute persiste. Avec le recul, je me demande même si cette conclusion apporte réellement toutes les réponses.

Avec Sans elle, Amélie Antoine signe un roman perturbant, sensible et terriblement humain. J’ai désormais très hâte de découvrir l’autre côté du miroir.

La duologie Avec elle / Sans elle :

Les deux tomes miroirs :

  • Avec elle – chronique à venir
  • Sans elle

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.