La communauté de l'urbex, malheureusement une déception

Résumé

Benjamin et Timothée sont meilleurs amis, bien que totalement différents. Le premier est un élève moyen fan de BMX, le second est l’intellectuel du duo. Cette année en classe de quatrième s’annonce être comme toutes les autres : sans surprise. Mais tandis que Benjamin se désole, l’arrivée de Molly, franco-américaine, promet de tout changer… C’est elle qui leur fait expérimenter la photographie d’exploration urbaine, connue sous le terme d’Urbex. Et alors qu’une de leurs expéditions pourrait se limiter à la prise de clichés, les adolescents vont tomber sur un mystère… Rien de tel qu’une aventure pour souder une nouvelle amitié et enfin s’intégrer !

Une lecture que j’ai longtemps repoussée

La communauté de l’urbex attendait dans ma PAL depuis quatre ans. Malgré un thème qui avait pourtant tout pour m’attirer, je repoussais constamment sa lecture. J’ai tendance à faire ça avec les livres que l’on m’offre, parce que j’ai toujours un peu peur de ne pas aimer. Cette fois-ci, malheureusement, ma crainte s’est avérée réaliste.

Mes premières réserves sont apparues presque immédiatement. Dès le premier chapitre, j’ai eu beaucoup de mal à croire aux adolescents que l’on me présentait. Leur façon de parler, de réfléchir et d’interagir ne m’a pas semblé naturelle. Par conséquent, je n’ai pas réussi à m’attacher à cette petite communauté. Mais mon principal problème a rapidement concerné le rythme. J’ai passé environ un tiers du roman avec très peu d’éléments susceptibles de maintenir mon intérêt. Au point d’envisager sérieusement l’abandon.

Finalement, l’existence d’une version audio sur Nextory m’a poussée à poursuivre. Et là, surprise : le texte avait largement évolué entre mon ancienne édition papier autoéditée et cette version plus récente. La nouvelle construction m’a d’abord semblé plus dynamique. Paradoxalement, ce changement a donc conforté une partie de mes réserves concernant le rythme des cent premières pages de mon édition.

La nouvelle version de La communauté de l'urbex de Marie Compagnon
La nouvelle version de La communauté de l'urbex de Marie Compagnon

Des longueurs que la nouvelle version n’efface pas

Malheureusement, la réécriture de La communauté de l’urbex n’a pas réglé ce qui me gênait fondamentalement. Les conversations restent souvent beaucoup trop longues à mon goût et manquent parfois d’objectif narratif. Je comprends que ces échanges puissent fonctionner lorsque l’on s’attache fortement à la bande et que l’on apprécie simplement de passer du temps avec elle. Or, ce n’était pas mon cas. J’attendais régulièrement que leurs discussions se terminent pour retrouver l’intrigue.

Quelques dialogues m’ont tout de même réservé de bonnes surprises. J’ai notamment beaucoup aimé la rencontre avec Marcel, le voisin âgé. Le décalage générationnel fonctionne particulièrement bien sur moi en général et cette scène m’a enfin fait rire avec les personnages. En revanche, la résolution n’a pas réussi à changer mon ressenti. Je l’ai trouvée très banale.

Je dois également parler de l’audio, parce qu’il a joué un rôle assez particulier dans mon expérience. La narration utilise une voix de synthèse, et cela s’entend ! Elle m’a énormément rappelé les audioguides que l’on trouve dans les musées. Certaines prononciations automatiques m’ont aussi beaucoup fait rire, notamment le fameux « WC » transformé en « double V C ». Au moins, l’audio m’aura offert quelques moments involontairement mémorables !

Les premières lignes de La communauté de l'urbex de Marie Compagnon
Les premières lignes de La communauté de l'urbex de Marie Compagnon

Un roman jeunesse qui trouvera probablement mieux son public ailleurs

J’ai appris en cours de lecture que le roman visait un public jeunesse, à partir d’environ onze ans. J’admets, je ne lis pas souvent les résumés des livres qu’on m’offre… Cette information m’a permis de remettre certains éléments en perspective, notamment le ton et la place accordée à la dynamique du groupe. Toutefois, elle n’explique pas entièrement mon ressenti.

J’ai déjà lu et apprécié des romans explicitement destinés aux adolescents, dont Mauvais joueur d’Amélie Antoine, qui mélange justement jeunesse, urbex et fantastique. Mon problème ne vient donc pas du fait de lire un roman jeunesse en étant adulte. C’est avant tout la manière dont cette histoire est écrite et rythmée qui ne me correspond pas.

Je comprends néanmoins pourquoi d’autres lecteurs peuvent apprécier La communauté de l’urbex. L’aventure entre amis, l’esprit presque Club des Cinq comme le dit Bibliza29, l’enquête accessible et l’urbex peuvent parfaitement fonctionner auprès de son public. Je ne considère donc pas ce roman comme dépourvu de qualités. Simplement, celles qui séduisent ses lecteurs enthousiastes n’ont pas réussi à me faire oublier ses défauts.

Je culpabilise un peu de ne pas avoir aimé un roman initialement autoédité, qui a besoin de soutien et qui était en plus un cadeau. Mais je ne peux pas faire abstraction de mon expérience : l’ennui, les longueurs, mon envie inhabituelle d’abandonner, mon manque d’attachement aux personnages et une résolution qui ne m’a pas convaincue.

Je suis tout de même contente d’être allée jusqu’au bout et de lui avoir laissé toutes ses chances. Mon exemplaire rejoindra maintenant une boîte à livres, où j’espère qu’il rencontrera un lecteur ou une lectrice beaucoup plus sensible que moi aux aventures de cette petite communauté.

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