Le livre d'Ève

Résumé

Au crépuscule du Moyen Âge, Béatrice est bibliothécaire dans un couvent retiré au fin fond de l’Italie.Elle a toujours fui la compagnie de ses sœurs, ne trouvant le réconfort que dans la lecture de ses manuscrits. Mais sa vie bascule lorsqu’une nuit, deux femmes, grièvement blessées, se présentent aux grilles du couvent implorant l’aide des sœurs. Avant de mourir, l’une d’elles place un objet entre les mains de Béatrice : un livre ensorcelant dont les pages prennent dangereusement vie. Or les hommes qui régissent la vie de toute femme en ce lieu sont prêts à tout pour s’en emparer et le détruire.

Entre la vie de ses sœurs ou protéger ce trésor : Béatrice doit faire un choix. Celui qui déterminera son avenir et celui des sœurs. Les pages de ce livre renferment le plus vieux des secrets. La vérité pourrait vous coûter la vie. Inspiré du manuscrit de Voynich, Le Livre d’Ève nous embarque dans un récit sombre et mystérieux autour d’un livre ensorcelant doté du pouvoir de transformer la vie des femmes.

Le livre d’Ève : une héroïne et un univers qui m’ont séduite

J’ai acheté ce roman chez France Loisirs avec le reste de ma cagnotte avant de mettre fin à mon abonnement. Et j’étais très curieuse, notamment à cause de l’atmosphère du roman. D’ailleurs, dès le début, j’ai trouvé que l’univers du couvent fonctionnait particulièrement bien. Et encore davantage en audio avec la narration anglaise, puisque je ne l’ai pas trouvé en VF.

J’ai également très rapidement apprécié Béatrice. Bibliothécaire du couvent, passionnée par les livres et assez peu intéressée par les commérages qui rythment la vie des autres sœurs, elle m’a beaucoup amusée par son côté solitaire. Au départ, elle donne surtout l’impression de vouloir qu’on la laisse tranquille avec ses livres. Elle possède une vie intérieure très riche, en bonne introvertie. L’évolution de Béatrice et de sa place au sein de sa communauté passe parfois par de tout petits détails. Cela témoigne aussi, à mes yeux, de la qualité d’écriture de Meg Clothier. Ces subtilités m’ont fait reconnaître une véritable qualité à sa plume.

Plus généralement, j’ai trouvé les personnages féminins dans Le livre d’Ève particulièrement humains. Ils éprouvent des sentiments contradictoires et entretiennent des relations complexes. Pourtant, l’autrice ne cherche jamais absolument à désigner de « bonnes » ou « mauvaises » personnes.

"Et je me surprends, soudain, à éprouver de la rancune à son égard, irritée par son obstination à me voir telle qu'elle aimerait que je sois, et non telle que je suis vraiment."

Des femmes, du savoir et de la sororité

Plus généralement, c’est le destin de toutes ces femmes qui m’a intéressée. Le roman parle évidemment de leur condition et de leur rapport au pouvoir masculin et religieux. Mais il aborde aussi la transmission, le savoir et la sororité. Son propos féministe est très présent. Cependant, cela n’empêche en rien les personnages d’exister individuellement. Chacune conserve ainsi sa propre personnalité, ses contradictions et sa place dans cette communauté de femmes.

Et puis, au milieu de cet espace, le livre d’Ève, très mystérieux, constitue évidemment le cœur de l’intrigue. Grâce à lui, certaines idées développées autour de la religion, du féminin et du savoir m’ont vraiment captivée. Le roman parvient régulièrement à lâcher une information ou une révélation qui relance mon intérêt.

C’est probablement cette dimension qui m’a le plus donné envie de poursuivre ma lecture. Même lorsque l’intrigue avançait lentement, je voulais comprendre ce que représentait ce mystérieux ouvrage et ce qu’il allait provoquer chez ces femmes.

Extrait du manuscrit de Voynich qui a inspiré Le livre d'Ève
Extrait du manuscrit de Voynich qui a inspiré Le livre d'Ève

Le livre d’Ève souffre malheureusement de longueurs

Malheureusement, j’ai eu un vrai problème avec le rythme du roman. Il y a beaucoup de longueurs, mais également une forme de langueur générale dans la narration. Les chapitres m’ont parfois semblé interminables. De plus, certains paragraphes développaient tellement une idée que j’ai fini par les lire en diagonale. Il m’est arrivé de lire les premières phrases, puis de survoler la suite.

Et surtout, pendant une grande partie de Le livre d’Ève, il m’a manqué une véritable direction narrative. J’étais curieuse de savoir ce qui allait arriver à ces femmes, mais il me manquait du suspense. J’avais parfois davantage l’impression d’observer leurs destins comme je regarderais un très beau documentaire historique. Heureusement, le rythme accélère à la fin et les événements s’enchaînent davantage.

J’ai donc apprécié son atmosphère, ses personnages féminins complexes, son message et la finesse de certains choix d’écriture. Mais son rythme très contemplatif et ses nombreuses longueurs m’ont empêchée d’être totalement emportée. Au final, Le livre d’Ève reste donc une lecture intéressante pour ses thématiques et la qualité de son univers. Cependant, j’aurais aimé que son intrigue avance davantage pour que le roman réussisse complètement à m’emporter.

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