La chambre mortuaire à Leipzig

Résumé

Paris, juillet 1888. Un cadavre disparaît de la morgue, un autre corps est retrouvé, nu, sur les pavés après une chute vertigineuse.

Surviennent, bientôt, de nouvelles morts suspectes. L’inspecteur Desnoyers, flanqué de son adjoint Mesnard, qui applique les techniques les plus modernes, hante les rues sombres de la capitale. Il y démêlera les fils d’une conspiration qui le mène au Dr Simon Bloomberg, aliéniste à la réputation sulfureuse… que l’on dit plus dangereux encore que ses patients ! Et que penser de cette jeune Anglaise, Sarah Englewood, tout juste engagée par Bloomberg ?

Dans ce Paris où le spiritisme côtoie la science, où les esprits les plus cartésiens s’adonnent à l’absinthe, l’alcool qui rend fou, Desnoyers vacille : doit-il collaborer avec Bloomberg ou, au contraire, tout faire pour confondre le ténébreux aliéniste ?

Une à une, les découvertes morbides le rapprochent de la vérité… mais aussi du danger.

Une première enquête qui prend son temps

L’an passé, alors que j’allais au Festival Sans Nom, ma copine Fred m’a recommandé La chambre mortuaire. Et globalement toute la saga, d’ailleurs ! Je me le suis gardé pour cet été puisque l’histoire se passe au mois de juillet. Et j’ai beaucoup aimé arriver à la fin de la saison avec cette histoire, somme toute assez sombre dans l’ambiance. Pourtant, ce n’est pas une lecture qui m’a happée immédiatement. Mais elle possède suffisamment de qualités pour que j’aie aujourd’hui réellement envie de poursuivre la saga.

Du côté des personnages, j’ai beaucoup aimé Simon Bloomberg et tout l’univers construit autour de lui. C’est un personnage excentrique, mystérieux et hyper intrigant. Mais le duo de policiers était probablement ce qui m’a le plus motivée à avancer. Leur duo fonctionne merveilleusement bien : ils m’ont fait rire à de nombreuses reprises, mais j’ai surtout apprécié leur complémentarité. Leur manière de mener l’enquête m’a semblé particulièrement satisfaisante. En plus d’apporter beaucoup de rythme et d’humour au récit.

Sarah m’a, au contraire, beaucoup agacée et j’ai fini par ne plus du tout avoir confiance en son jugement. Du coup, c’est probablement le personnage qui a le plus freiné mon immersion.

"C'est une histoire de fous et on va chez un aliéniste."

Le Paris du XIXe siècle, qui mêle médecine et spiritisme

Ce que j’ai préféré, c’est sans doute l’ambiance et le contexte historique. Le Paris de la fin du XIXe siècle fonctionne extrêmement bien avec cette intrigue sombre : morgue, médecine, asiles, bars à opium, spiritisme, fascination pour la mort et l’immortalité… C’était donc une lecture particulièrement bien choisie pour Summerween.

J’ai beaucoup aimé la façon dont Jean-Luc Bizien mêle son intrigue à l’histoire de la médecine, et particulièrement de la psychiatrie et de la neurologie. Les passages consacrés aux institutions et aux pratiques médicales de l’époque m’ont beaucoup intéressée, tout comme l’apparition ou l’évocation des grandes figures historiques.

Cela dit, mon principal problème avec La chambre mortuaire vient de sa gestion des secrets et des non-dits. J’ai régulièrement eu cette sensation très frustrante que cinq minutes de conversation permettraient d’économiser cent cinquante pages. Or, je ne ressens pas ce genre de procédé comme du suspense : j’ai plutôt l’impression qu’on retarde artificiellement l’intrigue.

Version poche de 2009 de La chambre mortuaire
Version poche de 2009 de La chambre mortuaire

Une fin qui me donne envie de poursuivre la saga

En revanche, une fois que les choses commencent réellement à s’accélérer, j’ai eu beaucoup plus de mal à lâcher le roman. Les dernières parties m’ont davantage impliquée émotionnellement et m’ont permis de mesurer à quel point je m’étais attachée à certains personnages sans forcément m’en rendre compte.

Sans révéler ce qui se passe, j’ai terminé ce tome avec l’impression d’avoir lu une très longue mise en place de l’univers et de ses dynamiques. C’est précisément pour ça que j’ai bon espoir de préférer le tome 2. Maintenant que je connais cet univers et que je me suis attachée à plusieurs de ses habitants, j’ai vraiment envie de les retrouver dans une nouvelle enquête.

Par contre, petit fun fact de ma lecture : j’ai passé plus de cent pages persuadée que Simon Bloomberg était… alchimiste. Et pour ma défense, entre sa maison, ses singes, le laudanum, le spiritisme, l’ambiance occulte et même sa barbe bleue, le roman ne m’a absolument pas aidée à comprendre mon erreur ! Il aura fallu que Charcot, la Salpêtrière et une évocation de Freud débarquent pour que mon cerveau comprenne son erreur d’interprétation.

Enfin bref, j’ai passé un bon moment avec La chambre mortuaire et je me réjouis de lire la suite, que je vais filer ajouter sur ma liste d’anniversaire !

La saga des Enquêtes de l'aliéniste :

Les tomes de la saga :

  • Tome 1 : La chambre mortuaire
  • Tome 2 : La danse macabre – sur ma WL
  • Tome 3 : Les égarés des catacombes

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