La bibliothécaire du dernier wagon à Spitalfields Market à Londres

Résumé

Montana, 1936. Envoyée pour sauver une maison d’édition en difficulté, Millie Lang se heurte à une équipe convaincue d’être victime de sabotage. Certains secrets de l’Ouest américain sont-ils trop dangereux pour être révélés ? La mystérieuse bibliothécaire Alice Monroe semble en savoir bien plus qu’elle ne le laisse paraître…

Des années plus tôt, Alice avait fondé une bibliothèque itinérante, un wagon rempli de livres sillonnant les terres arides du Montana pour offrir aux ouvriers isolés un peu d’évasion. Elle croyait avoir trouvé en Colette Durand la bibliothécaire idéale… mais la jeune femme n’est jamais revenue du voyage inaugural du wagon-bibliothèque.

Alors que Millie exhume ce trouble passé, les destins de ces trois femmes s’entrelacent dans une quête où les livres ne sont plus de simples pages, mais des passerelles entre les époques, porteurs d’espoir, de souvenir et de liberté.

Inspiré d’une histoire vraie, un roman vibrant sur la force des mots et celles qui les défendent.

Une lecture fragmentée mais profondément émouvante

Il m’a fallu longtemps pour lire La bibliothécaire du dernier wagon. Non pas parce que le roman manquait de rythme, au contraire. Les premières pages sont prenantes et j’étais persuadée de le dévorer en deux jours. Mais la vie en a décidé autrement. Du coup, j’ai alterné entre la version papier et le livre audio disponible sur Spotify. Et heureusement qu’il était disponible. La voix d’Emmanuelle Mesnard accompagne parfaitement l’émotion du texte. C’est d’ailleurs en voiture, en écoutant l’histoire de Colette, que les sanglots m’ont prise à la gorge. Brianna Labuskes construit ses récits avec minutie, emboîte les temporalités avec précision, avant de frapper fort. Le puzzle prend forme lentement, puis, d’un coup, tout s’éclaire.

"Parfois, un livre était l'étincelle qui enflammait le baril de poudre et qui mettait le feu au monde pour le débarrasser du mal. Et parfois, tout ce qu'on demandait à un livre, c'est qu'il vous procure du plaisir."

Un hommage aux livres et aux femmes libres

J’avais envie de lire ce roman depuis sa sortie. Il a finalement rejoint ma pile à lire en septembre, lors d’une visite chez Harper Collins dans le cadre de mon activité secondaire. Après avoir adoré La bibliothèque des livres brûlés, j’étais curieuse de retrouver l’autrice. Ici encore, elle rend hommage aux livres, à la photographie, à la mémoire et à la documentation.

L’histoire nous transporte dans le Montana du début du XXe siècle, au cœur d’un wagon-bibliothèque inspiré de Ruth Worden, bibliothécaire du comté de Missoula. Les descriptions donnent vraiment envie de découvrir cette région des États-Unis, grâce au décor vivant. Les références littéraires sont nombreuses, aussi, forcément. Ibsen et Une maison de poupée apparaissent au détour des pages, et j’ai souri en pensant à mon voyage à Oslo. On y retrouve évidemment aussi de nombreuses autres oeuvres considérées aujourd’hui comme des classiques, mais qui, à l’époque, étaient contemporaines.

Deuil, vengeance et destins féminins

Au-delà du décor historique, Brianna Labuskes aborde les émotions avec une grande justesse. Le deuil n’est pas réduit à une étape clichée. Il est exploré dans sa profondeur, et dans ses nuances et contradictions. Chacune le traverse à sa manière. Millie, Alice et surtout Colette sortent des sentiers battus. Leur destin ne se résume pas à attendre passivement. Elles prennent des décisions, parfois radicales, pleines de doutes mais aussi d’amour. Et elles ne sont pas exemptes de colère ni de désir de vengeance.

Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai retenu mon souffle ou hoqueté en lisant certains retournements de situation. Brianna Labuskes maîtrise vraiment l’art de surprendre. Si ma vie ne s’était pas invitée au milieu de cette lecture, il ne fait aucun doute que ce roman aurait été un coup de cœur. Il n’en reste pas moins une histoire profondément émouvante et marquante.

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